RÉÉDITION D’APPALACHES

En librairie le 7 avril 2011 : Appalaches d’André Pronovost, publié pour la première fois en 1992.

Ci-dessous, quelques extraits de ce road novel :

Le nez à mon hublot, je voyais les lumières et les lignes de la main de Dieu s’espacer. Le long dragon des Appalaches, ces vieilles montagnes sacrées, s’enfonçait dans le noir.

Je donnais, sur bien des points, raison à notre Église. En matière de morale sexuelle, personne ne ressemble autant à l’Église qu’une femme amoureuse. J’arrivai à la route, à Woody Gap.

J’embrayai de bon matin. Il neigeait de plus belle. Ma destination, donc : Franklin et ses foutoirs. La très mauvaise visibilité m’obligeait à la prudence. Laissant derrière moi le col de Mooney, puis celui de Bear Pen, tous deux traqués par la pénombre, je montai à l’assaut d’Albert Mountain et de ses rocs, tous effilés comme des couteaux. Vive était ma solitude ; l’absence du soleil, ce père symbolique, en multiplie par au moins dix le sentiment d’accablement. J’étais l’un des passagers du fameux Mystery Train. Anxieux d’écarter les présences importunes, obsédé par l’idée d’éviter les impasses, de dépasser ma condition, d’accéder à la vision, j’explorais mes zones polaires et je tremblais dans mes bottines.

La vie m’appartenait. J’étais vraiment béni des dieux. À un point tel que j’avais peur de me faire coller par la police. Après les critiques littéraires québécois, ce sont les policiers du sud des États-Unis qui se méfient le plus des gens heureux. Franklin avait les pieds dans l’eau. Cette eau qu’on aurait dite vomie par un dragon suivait les caniveaux en direction des bouches d’égout. Chemin faisant, elle giclait contre les dépôts de détritus ou de branchettes. La plupart des voitures roulaient phares allumés. Leurs pneus chuintaient sur le pavé. Le brouillard qui stagnait sous les appentis et dans les ruelles fantomatiques transformait Franklin en ville du siècle dernier. Des gens couraient. On eût dit les coyotes au moment du déluge. D’autres me regardaient passer, immobiles et souffrants sous les marquises dégoulinantes, avec des airs d’évadés de prison. La condition humaine est épouvantable sous la pluie.

Le ciel était semé d’étoiles. C’était ça de gagné. Je m’élançai avec ma lampe, que je n’allumai que brièvement et qu’aux endroits les plus obscurs, histoire de ménager mes piles. L’avantage était bien sûr de repasser dans mes empreintes, enfoncées tant qu’elles pouvaient, et dès lors d’échapper à l’étreinte de la neige. Le sentier, après s’être dégagé d’une montée cavalière, faite d’arbustes plaqués de givre et de fantômes de suicidés, mimait une révérence aux sensuelles princesses des bois, pour ensuite faucher une butte et s’en aller par une futaie dont les vieux frênes et les noyers avaient des airs de torches funèbres. La forêt me regardait de ses yeux noirs de grande prêtresse. En toute conscience, je ne pouvais la décevoir. Il faisait jour deux heures plus tard, dans le col de Wayah, où les pistes d’animaux se coupaient par dizaines, comme les rails dans la gare de triage de mon cœur.

Je remontai les lampadaires et le silence de la grand-rue, jusqu’à mon havre presbytérien. La nuit, donc, et au matin le New Jersey, via le pont sur la rivière, la Révérende Sœur Delaware. Un vieil homme dans sa chaloupe descendait le fleuve du temps. La pluie débuta comme j’atteignais l’autre côté du pont. Tout était d’une tristesse ! Je mis ma housse sur mon bazar et mon imper sur mon vieux dos, et contre-attaquai. Toute ma vie, j’avais contre-attaqué. J’étais un homme triste, mais nullement dépressif. Si je souffrais de quelque chose, c’était de la peur d’être arrêté, accusé, jugé, condamné. Car j’étais un assassin. Je planifiais d’abattre Satan et, d’un même coup de tomahawk, l’Orgueil, l’Avarice, l’Envie, la Luxure, la Gourmandise, la Colère, la Paresse. Une corneille m’engueula ; je lui répondis d’aller se faire foutre. Le vent donnait des coups de balai. Les teintes du sentier étaient celles de mes rêves. Ce fut en blasphémant et en glissant dans la gadoue, et en comptant ces putains de milles, que je passai le lac Sunfish, ses grisailles et ses outardes. Je soupçonnais les chats de gouttière du ghetto noir de Chicago d’avoir sur l’Amérique une opinion semblable à la mienne.

Ces choses faites, je m’élançai pour ce qui allait être, en dépit du mauvais temps, l’une des plus belles journées de ma vie. L’anniversaire de ma mère m’animait. Elle m’a eu à vingt-deux ans. Les photos sont formelles : elle était belle comme une étoile. Ses cousins Kennedy en font une lointaine parente du président assassiné.

 

André Pronovost, 2011

 

ELVIS ET DOLORES D’ANDRÉ PRONOVOST / PAGE 1

    Le spectacle d’une fin d’après-midi ensoleillée, au terme d’une journée de pluie abondante, est pour le moins irrésistible. Irréristible et symbolique, n’ayons pas peur des mots. La vie rebondit au moment même où tout semblait perdu. La lumière déclinante confère aux fleurs, aux vignes, aux feuilles d’arbres et aux prés leur éclat le plus beau. Nos amis les oiseaux, jusque-là silencieux et quasi immobiles, renaissent et menacent d’intervenir massivement. Il n’est pas impossible que, dans la partie inconsciente du psychisme humain, les flaques d’eau qui s’évaporent et qui montent dans le ciel évoquent l’alliance entre Dieu et Noé.
    Telles étaient à peu près les pensées d’Alison, tandis qu’elle pédalait avec ses livres dans Maple Lane, puis dans Main Street. On la voyait quotidiennement aller à la bibliothèque, pour prendre des livres ou pour les rendre, ou simplement pour bavarder avec la bibliothécaire, Mrs. Roanoke. Les deux femmes se connaissaient depuis près d’un quart de siècle, soit l’âge d’Alison.
    Comme bien des gens de la Nouvelle-Angleterre, Alison était d’origine canadienne-française. Son arrière-grand-père était parti de Sainte-Geneviève-de-Batiscan, au nord-est de Trois-Rivières, au Québec, pour se rendre travailler dans les bois du Maine, dans la région de Millinocket. John F. Kennedy, porté à la présidence des États-Unis avec une majorité équivalant à la population franco-américaine, laquelle louait à l’unisson ce catholique marié par surcroît à une Française d’origine, se plut un jour à dire qu’il devait son gagne-pain aux Franco-Américains.
    Mais revenons à Alison, dans sa petite ville de l’État du Maine, à l’été de 2010. Vêtue d’une robe blanche à motif de roses jaunes, queue de cheval au vent, elle envoya deux fois la main et, sa vieille bicyclette à panier rangée, entra à la bibliothèque. Mrs. Roanoke s’occupait à remettre des livres sur les rayons. Arthur, le commis mal à l’aise et de très petite taille, était en vacances.

CELLULES TUEUSES (LYMPHOCYTES NK) ET ANGES GARDIENS
par André Pronovost

(Je suis profondément reconnaissant à Kathryn Janet Fraser, professeure de médecine à l’Université du Nouveau-Mexique, et magnifique écrivaine, pour son aide à la préparation de cet article.)

Des centaines d’études conduites par des chercheurs des plus prestigieuses universités du monde suggèrent que la pratique des vertus d’humilité, de pardon, de charité, d’abnégation, qu’on nomme à bon droit chrétiennes, est bonne pour la santé. On ne compte plus les médecins qui, quelles que soient leurs croyances, s’ouvrent à l’idée que le système immunitaire est sous l’autorité d’un tout. D’un tout qui, s’il reste à circonscrire, se manifeste de plus en plus. De nombreux travaux, plusieurs parmi eux extrêmement prometteurs, cherchent à vérifier l’existence de liens entre l’énergie morale et l’augmentation des lymphocytes NK, ou des cellules tueuses naturelles. À l’heure actuelle, il n’est pas une pierre du champ de la connaissance humaine que les psycho-neuro-immunologistes ne retournent.

Les lymphocytes NK, identifiés en 1974, ont ceci de particulier qu’ils sont génétiquement programmés pour tuer les cellules tumorales et les cellules infectées par certains virus. Au contraire des lymphocytes T et B, ils sont spontanément lytiques envers toutes les cellules (ce qui ne les empêche pas, en vertu de mécanismes de régulation aussi complexes que nombreux, d’épargner les cellules saines). Les lymphocytes NK logent dans une classe à part. On ne se trompe guère en disant qu’ils sont au système immunitaire des mammifères ce que les marines sont à la puissance militaire des États-Unis.

Ont-ils une conscience, une conscience morale ? Travaillent-ils de concert avec Dieu ? (L’idée que la cellule ait une conscience n’est pas nouvelle, soit dit en passant.) Se pourrait-il, comme l’ont fait en matière d’avancées technologiques les Jules Verne, H.G. Wells et autres grands auteurs d’anticipation scientifique, se pourrait-il que les mystiques des époques anciennes aient pressenti l’existence des lymphocytes NK ? Car le moins qu’on puisse dire est qu’ils emploient pour décrire l’action des anges gardiens des mots et des images souvent semblables à ceux qu’emploient les biologistes et les psycho-neuro-immunologistes pour décrire le système immunitaire et les cellules tueuses naturelles. Il n’est pas une âme qui n’ait son ange gardien, disent-ils. Celui-ci, tel un protecteur à vie, est donné à tout homme dès sa naissance. Les anges gardiens nous défendent dans les dangers, nous aident à supporter et à accepter nos souffrances physiques, voire à les guérir. Il n’est pas rare que l’art ancien représente l’ange gardien sous la forme d’un exterminateur armé. La tradition juive, sans minimiser le rôle spirituel des anges gardiens, insiste sur le soin que ces envoyés du ciel prennent de notre corps. Saint Denis, au premier siècle, qualifie les anges gardiens de bons docteurs (bonos doctores). Les apocryphes de la Bible insistent de leur côté sur l’importance d’honorer nos anges et d’entretenir avec eux des rapports harmonieux. Aussi, quand on lit que l’ange gardien déserte l’âme négligente, on pense aux lymphocytes NK qui, mal soutenus, laissés à eux-mêmes, battent en retraite et disparaissent du système immunitaire.

Knock, knock, knockin’ on heaven’s door. Nous ne savons pas si les anges existent. Nous n’en avons pas la preuve formelle, scientifique, en tout cas. Cela ne nous avance guère de savoir qu’il se publie chaque année, partout dans le monde, des rayons de livres sur les anges. Cela ne nous avance guère de savoir que, en 2002, 61 % des Québécois questionnés par la maison de sondage CROP disaient croire que les anges existent. Qui plus est, les liens entre l’adhésion aux valeurs évangéliques et une prolongation de la vie humaine ne prouvent nullement l’existence de Dieu. Mais force est de reconnaître qu’ils vont dans le sens du quatrième commandement divin : « Père et mère tu honoreras, afin de vivre longuement. » Ils suggèrent aussi l’idée que l’homme est porteur d’une force insoupçonnable, impossible à mesurer. Ils rallient la pensée d’Einstein selon laquelle l’Univers est amical, et selon laquelle tout se tient. Les chercheurs pensent que l’entraide est l’un des facteurs expliquant la longévité des habitants de l’archipel japonais d’Okinawa. L’entraide et l’harmonie des relations intergénérationnelles. Il existe à Okinawa un sentiment de profond respect envers les aînés.

Les dieux des temps immémoriaux tinrent un jour un palabre sur l’endroit où cacher le secret de la vie. « Cachons-le sous une montagne », dit l’un d’eux. « Non, objectèrent les autres dieux, car ces vieux singes d’hommes fouilleront un jour sous les montagnes, et le secret sera trouvé. » C’est alors qu’on suggéra de le cacher au fond de la mer. « Non, objecta-t-on une nouvelle fois, car les hommes finiront par apprivoiser les profondeurs marines, et ils le trouveront. » Un autre des dieux dit finalement : « Cachons-le à l’intérieur d’eux-mêmes ; ni les hommes ni les femmes ne penseront jamais à regarder là. » Le clan des dieux acquiesça à l’unisson, et c’est ainsi que le secret de la vie est depuis cette lointaine époque caché en nous.

Carl G. Jung, pour qui les forces biologiques, psychologiques et spirituelles ne sont pas exclusives, Carl G. Jung, qui fait de la guérison d’une névrose une entreprise globale, qui touche l’être tout entier, tient des propos qui rappellent ceux du clan des dieux : « On ne recule devant rien, devant aucune absurdité, pour échapper à son âme. » Il s’objecte, par exemple, à ce qu’on aborde la question sexuelle sans qu’on n’aborde avec elle celle, infiniment plus troublante, des rapports spirituels entre les deux sexes. Aux yeux de Jung, des alchimistes et de Mallarmé, pour ne nommer que ceux-là, tout est interdépendant. Tout est conscience, rédemption et guérison. Les alchimistes ne cessent d’établir des correspondances et des affinités entre les choses. Dans une lettre à Verlaine, Mallarmé parle ainsi : « J’ai toujours rêvé, prêt à y sacrifier toute vanité et toute satisfaction, comme on brûlait jadis son mobilier et les poutres de son toit, d’alimenter le fourneau du Grand Œuvre. » L’académicien André Maurois met en parallèle la quête spirituelle du saint et la volonté de l’écrivain de produire un texte parfait. « Le saint et l’artiste, écrit-il, sont amenés, l’un comme l’autre, après les tentations et les luttes, à se faire une vie d’ascèse. » Marguerite Yourcenar pense, elle aussi, que tout se tient. Les habitants de l’archipel d’Okinawa pensent, eux aussi, que tout se tient : la femme, qui joue un rôle de premier plan dans la vie spirituelle et religieuse, ne commence à cuisiner que lorsque son esprit est calme, pour ne pas affecter la qualité de la nourriture.

Questionné sur les mystères de la foi chrétienne, Einstein répond : « Nous sommes au milieu de l’échelle. Nous ne sommes pas au plus bas, puisque nous avons émergé de l’animalité, mais nous sommes loin du sommet. Il y a beaucoup plus intelligent que nous. Nous ne pouvons fixer aucune limite aux virtualités de la matière, et encore moins au pouvoir de l’esprit. » Le prêtre paléontologiste Theilard de Chardin abonde dans le même sens : « Les anges gardiens représentent la zone supérieure d’un Univers qui a déjà émergé en Dieu. Pris dans le même complexe évolutif que nous, ils ont déjà abouti. Leur évolution est terminée. Ce qui ne les empêche pas de rester en relation « cosmique » avec la « queue » que nous représentons. Ils appartiennent au même processus spirituel que nous, mais dans une position et dans un cycle autres, soit en avant et en avance. »

Ces cellules intrigantes que sont les lymphocytes NK vont-elles bientôt nous révéler le fascinant mystère des guérisons miraculeuses ? Vont-elles bientôt nous dire : « Les anges gardiens, c’est nous ! » Allons-nous en savoir un peu plus sur Dieu, sinon sur l’amour ? Sur les propriétés thérapeutiques de ce dernier ? Sur non seulement l’énergie morale, mais sur son rayonnement ?

On assiste depuis une cinquantaine d’années à la naissance d’approches spirituelles non religieuses, et même athées. La quête du sens de la vie n’épargne personne. Chaque homme, dans sa nuit, cherche sa lumière. L’Histoire abonde en croyants devenus non croyants et en non-croyants devenus croyants. Qui, du croyant qui aime peu ou de l’incroyant qui aime beaucoup, croit le plus ? Saint Paul fut d’abord Saul, envoyé à Damas pour y tuer les premiers chrétiens. Claudel fut d’abord un penseur scientiste et matérialiste. Arthur Rimbaud, le poète des calèches sur les routes du ciel, et Jack Kerouac, le voyou céleste, furent souvent qualifiés de mystiques à l’état sauvage. Les voix du Seigneur sont impénétrables. La jolie Dolores Hart, qui jouait avec Elvis dans Loving You et King Creole, est depuis l’âge de 24 ans religieuse bénédictine.

Oui, la foi a des degrés, ainsi que l’athéisme. La morale personnelle a des degrés, elle aussi. La prière (ce dialogue avec Dieu, avec son ange gardien ou avec soi-même, disent les alchimistes), la prière, cette mobilisation des énergies, la prière, cette guérisseuse mystérieuse, grande comme la mer, belle comme les montagnes, comporte des degrés de profondeur et, selon toute vraisemblance, d’efficacité.

Tous ensemble, croyants et incroyants, terminons notre réflexion en chantant avec Roy, l’immortel Roy Orbison :

I’ll never let you down
I’ll always be around
Blue Angel
Sha, laa, laaa, dooby-waaah





SUSAN KRABACHER DANS L’ENFER D’HAÏTI

Notre chère Susie était chez elle, reprenant son souffle dans son confortable Colorado, au moment du tremblement de terre d’Haïti. Elle s’est aussitôt envolée pour l’enfer, au secours de ses enfants. Des enfants qu’elle héberge, qu’elle nourrit et qu’elle soigne par centaines, depuis maintenant seize ans.

BRUNO ROY (1943 – 2010)
par André Pronovost

J’ai bien failli ne jamais connaître Bruno Roy personnellement. Par chance qu’il y a eu le Salon du livre de Montréal, l’automne dernier. Bruno et moi avons échangé, et surtout fait des blagues, ce qui n’est pas toujours bon signe. Sauf que, dans notre cas, ça l’a été. Quel homme fin ! Et le jour de Noël, tandis qu’il était en congé d’hôpital et que, selon toute vraisemblance, il remontait la pente, quelle joie de recevoir un courriel de lui !

J’ai assisté à ses funérailles, à l’église Saint-Pierre-Claver. L’église où ma mère a été baptisée, en 1919.

PHOTOS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

 


Virginie Pronovost, 2009

Juliette Pronovost, 2009

Alain Pronovost,
Birmingham, Alabama, 1977

Notre petit-cousin André Pronovost,
vers 1960

André Pronovost, 1967

 

NOUS AGRESSONS SEXUELLEMENT LA TERRE
par André Pronovost

Freud, s’il vivait aujourd’hui, s’empresserait d’appliquer à la destruction de l’environnement sa théorie libidinale des stades oral, anal et phallique, voire sa notion de pulsion de mort. Carl G. Jung, lui, irait jusqu’à qualifier le sort fait à la Terre de véritable matricide. Il dirait que l’être humain, impuissant à passer de l’inconscience à la conscience, de l’ombre à la lumière, de l’inertie au mouvement, assouvit son hostilité et sa méfiance envers la Mère en s’en prenant à la Terre.

Mais commençons par le commencement. L’homme est formé du limon de la terre, nous enseigne la Bible. Pour plusieurs mythologies antiques, il est issu du ventre maternel. Chez les Chinois taoïstes, la Terre est le yin, c’est-à-dire féminine. Les exemples de croyance en la Terre-Mère sont quasi infinis. Il saute d’ailleurs aux yeux qu’une association d’idées entre la Terre et la femme date des époques immémoriales. Le symbole de la Terre-Mère fécondée et abondante est d’une logique rigoureuse et d’une beauté émouvante. Partout dans le monde, on parle spontanément des « entrailles de la terre ». Au Mexique, les habitants de Catemaco, sur le territoire des anciens Olmèques, affirment que leur ville est le nombril de la Terre.

La Terre est pour l’imaginaire tant littéraire que religieux la source féconde de toutes les richesses : son sol qui assure l’alimentation, et son sous-sol auquel nous devons nos métaux et notre énergie, font d’elle la grande pourvoyeuse de nos besoins. Les poètes de tous les temps la baignent de leurs louanges. Avec Voyage au centre de la terre, Jules Verne n’a fait que manifester, en romancier, un rêve d’amant, symbolisé par la pénétration. Bruce Springsteen, dans The Promised Land, met en une poignante opposition la Terre promise et l’amour perdu. Jim Morrison, dans When the Music’s Over, compare la Terre à une sœur belle et sans tache (our fair sister). Et il ajoute d’une voix cassée : « Ils l’ont ravagée, dépouillée, déchirée. » Au XIIe siècle, saint Bernard de Clairvaux, qui refuse que les secrets de Dieu soient questionnés et examinés par la raison, voit dans la Vierge Marie le milieu de la Terre. Jean-Jacques Rousseau au XVIIIe siècle et Henry David Thoreau au XIXe entretiennent avec la nature un rapport passionnel qui fait d’eux les premiers « objecteurs de croissance » de l’humanité. La Terre est une vieille nourrice, écrit Chateaubriand dans le Génie du christianisme. Il ne fait aucun doute qu’il y a chez l’homme, concernant la Terre, un affect immédiat de familiarité, de sympathie, de vénération quasi filiale. J’étais seul avec mon père peu avant qu’il ne décède, et de sa chambre on pouvait voir les Laurentides dans le lointain. Alité sur le dos, il m’a demandé de l’aider à se placer sur le flanc. « Du côté des montagnes », a-t-il insisté. Ce furent ses dernières paroles.

L’un des aspects de notre rapport à la Terre est, bien sûr, notre rapport à l’arbre. Dans l’arbre se condensent les deux principes de la génération : paternel par sa forme phallique, il produit comme une matrice. L’aspect maternel (protection, ombrage, toit, fruits comestibles) est une des associations statistiques sur le sens de l’arbre les plus souvent relevées par Jung, au cours de ses longues années d’expérience médicale. On ne s’étonnera pas que les psychologues d’aujourd’hui invitent les enfants à dessiner ce végétal si chargé de sens, et où se projette le moi personnel. Bien connus sont les rapports que plusieurs écrivains, des humanistes de la Renaissance aux romantiques, entretiennent avec l’arbre. François de Maynard, longtemps avant moi, dit se reposer des troubles du siècle en dormant dans les bois. On ne compte plus les légendes et les mythes qui honorent la femme en passant par l’arbre. C’est sur un arbre d’une autre sorte, la croix, que se jouera le drame de la Rédemption. En comparant cette même croix au lit nuptial, saint Augustin anticipe la pensée jungienne : la passion physique et la passion spirituelle se comportent comme des sœurs, ennemies mais sœurs quand même, nous dit Jung, et il suffit souvent d’un moment pour que l’une se transforme en l’autre. Dans la Bible, on voit Abraham planter un arbre à la gloire de Yahvé : non seulement l’arbre donne des fruits, mais il est l’emblème vivant de la continuité et de la fécondité, et nul n’était mieux placé que cet homme à l’innombrable postérité pour incarner le correspondant humain de l’arbre.

La psychanalyse, la sexoanalyse et, dans une certaine mesure, les sciences neurologiques font de la mère la condition préalable de l’enfant, la plus profonde des relations d’enfance, non seulement sur le plan physique, mais aussi sur le plan psychique. Impossible de se mettre en harmonie avec le monde sans passer par elle. L’hostilité à son égard, rarement inévitable, est souvent insupportable, et donc projetée à l’extérieur. Nous nous vengeons sur la Terre-Mère, dirait Jung. Nous la vidons de ses ressources. Criminelles sont la surpêche et la surexploitation des terres arables et de l’eau douce. Criminelles, la déforestation et l’extraction des sables bitumineux. La seule vue de la Terre, cette beauté fatale, déclenche chez l’Homme le réflexe de tétée. Freud ne manquerait guère d’associer nos frustrations orales à la soif des biens matériels qui caractérise la débauche capitaliste et la société de consommation. À voir comme une régression anale de la libido notre propension à faire de la Terre un dépotoir, à pisser dans nos eaux, à vicier la nappe phréatique et l’air que nous respirons. Les pollueurs salissent le monde pour se l’approprier, soutient le philosophe Michel Serres. Le chien urine pour délimiter son territoire. Il n’est pas rare que le voleur défèque sur les lieux de son crime. Ajoutons à cela que de plus en plus de penseurs font un rapprochement entre la masturbation et la pollution de l’environnement, autant qu’entre le gaspillage des ressources de la Terre et la libération sans retenue de l’énergie sexuelle de l’Homme. En d’autres termes : une liberté sexuelle qui ne tend pas vers le développement de la conscience et du sens moral, et qui n’est pas l’amorce de rapports spirituels entre les deux sexes, n’est rien d’autre qu’une émission de méthane de plus dans l’atmosphère terrestre. Là-dessus, faites attention à ce que vous dites, sans quoi Jung vous répondra : la répression délibérée de la pulsion sexuelle équivaut à une décision morale, tandis que le refoulement répond à un penchant plutôt immoral. La répression, poursuit Jung, peut causer des conflits, des souffrances, mais jamais elle ne produit de névrose.

J’attire ici votre attention, chers lecteurs et chères lectrices, sur l’état du parc Maisonneuve, à Montréal, peu après le dernier spectacle de la Fête nationale. Synonymes de consommation, et plus encore de matières fécales et d’éclats de sperme sur le poil pubien de Terra Mater, les dizaines de milliers de papiers et de plastiques qui jonchaient le sol des lieux ne pouvaient mieux illustrer la frustration et la violence liées aux stades oral, anal et phallique du développement sexuel. À l’heure de l’environnement, difficile d’imaginer une Fête nationale d’une telle tristesse et d’une telle imbécillité. Prudent comme toujours, le cardinal Guy A. Lepage, qui présidait cette grand-messe de la Saint-Jean, s’est abstenu d’intervenir.

L’automobile est un symbole tantôt masculin et tantôt féminin. Dean Moriarty, le héros de Sur la route, a beau conduire comme un voyou, on devine que sa Hudson est avant tout une femme fidèle, une confidente, une grand-mère spirituelle. Elvis raconte avoir passé une nuit entière à contempler sa première Cadillac. Dans Plume de Fauvette, les rondeurs de la vieille Pontiac évoquent Marilyn Monroe, mais les ennuis de son moteur, eux, l’anxiété phallique du héros. Il va de soi que l’aspect masculin de l’automobile est celui qui nous intéresse ici, car rien ne symbolise autant le phallus agressant la femme que l’automobile qui sillonne la Terre sans aucun remords, troublant la paix de ses vallées, harcelant ses forêts, ses gorges et ses cols, tailladant ses monts sacrés, laissant sur les chairs gracieuses de ses flancs des cicatrices indélébiles de bitume et de feu, ou, comme dans Kimberly, Mère de Dieu, semant la désolation à travers Fort Worth. On comprend beaucoup mieux la signification profonde de l’impact environnemental de l’automobile quand on sait que plusieurs populations de l’Afrique ancienne vont jusqu’à considérer comme un crime l’acte de labourer la terre sans précaution. Le rapprochement que l’imaginaire fait depuis des siècles entre l’acte agricole et l’acte sexuel est tel que, dans plusieurs langues, le même mot signifie bêche et phallus. Beaucoup de légendes comparent la jeune épouse à un sillon ouvert par le soc. Des Indiens représentent le sillon par une femme. « Vos femmes sont vos champs », dit un texte de l’Inde antique. La polémiste américaine et blasphématrice de droite Ann Coulter, qui se délecte à défendre l’idée que la survie de l’espèce humaine passe par l’exploitation des ressources naturelles, va jusqu’à dire : « Go ahead and rape the earth. »

Impossible de laisser ce texte sans faire mention du féminisme environnementaliste, appelé également écoféminisme par l’écrivaine française Françoise D’Eaubonne. Issu des courants écologiste et pacifiste, qui mettent l’accent sur l’épuisement des ressources et sur la destruction de l’environnement par notamment le système capitaliste, le féminisme environnementaliste pointe du doigt les hommes. Il fait des liens entre l’oppression des femmes et celle de la Nature. Entre l’agression physique contre le corps des femmes et l’agression industrielle et militaire contre l’environnement. Entre la violence du viol et la violence des destructions environnementales. Ce point de vue intéressant laisse toutefois sous le boisseau deux variables importantes : ces facteurs psychologiques dont nous venons de parler, et la responsabilité individuelle. Les dizaines de milliers de femmes qui se trouvaient au parc Maisonneuve, le soir de la Fête nationale, auraient dû en toute logique se porter au secours de Terra Mater. Or non seulement elles ne l’ont pas fait, mais elles ont de toute évidence participé au viol, comme Karla Homolka. Rappelons qu’au Bord-de-l’Eau, comme on peut le lire dans Plume de Fauvette, l’agresseur sexuel de Terra Mater a été condamné à la prison à perpétuité, pâté chinois trois fois par jour. That’s All Right, Mama.

CONCERT ROCK DE LA RENTRÉE LITTÉRAIRE

   Nul doute là-dessus : les futurs manuels de littérature québécoise consacreront un chapitre complet au concert rock de la rentrée, le 29 août dernier, au Bord-de-l’Eau.
   Quelle rentrée ! Personne n’essayera jamais d’en offrir une plus belle, aurait dit John Steinbeck. Inutile même d’y penser. Une rentrée à laquelle assistait, d’abord bouche bée et offensé, puis buvant à même la bouteille, l’establishment littéraire québécois. « M’avez-vous vu avec cette poule perdre pied dans la poussière, pendant Johnny B. Goode ? » « M’avez-vous vu me battre ? »
   Pour parler comme Le Devoir à propos des Herbes rouges, Cavalcade d’étoiles a « frappé fort » en ouvrant avec J’entends frapper. On n’avait jamais vu autant de guitares. Ni autant de batailles. Ont ensuite retenti, tels des chants aux éléments, Pagayez de Zachary Richard et Thunder on the Mountain de Bob Dylan. On a pu voir le feu courir sur la ligne de faîte de l’Épaule boisée.
   Du monde de partout, comme au purgatoire. Une jeune blonde de Saint-Séverin, belle comme la Sainte Vierge. Un astrophysicien. Un ramoneur mélancolique. Tapant des mains sur Blue Suede Shoes, la mère d’André et de Jean-François, les frères Pronovost, âgée de quatre-vingt-dix ans.
   Plus familière avec le Plateau-Mont-Royal qu’avec la bonne humeur et l’esprit de rébellion des petites gens du Bord-de-l’Eau, l’équipe littéraire toute féminine de La Presse, visiblement craintive, a vu sa voiture manquer la courbe Bellevue, puis plonger dans la rivière. Les gens ont accouru, morts de rire. Et ils ont aussitôt voté la tenue d’un concours de wet T-shirts.
   Ceux et celles qui ont lu Plume de Fauvette savent qu’on doit à Lassie, l’incomparable petite sheltie, l’arrestation et la mise sous les verrous de nombreux escrocs, tricheurs aux cartes, voleurs de pommes ou de vers de pêche. Légendaire est son flair. Après enquête, on a pu connaître l’identité du ténébreux après qui elle jappait : le critique littéraire du Devoir. Il n’a pas fait long feu au Bord-de-l’Eau. Le Devoir poursuit Lassie.
   À la mi-temps, entre American Pie de Don McLean et Ring of Fire de Johnny Cash, l’assistance a eu droit aux slams furieux d’un chat de gouttière, puis aux lectures par une poétesse d’un autre siècle d’un texte de Félix Leclerc et d’un autre de Sylvain Lelièvre.
   C’est bien en vain que l’Union des écrivaines et des écrivains du Québec a tenté d’enrôler Sentier Lumineux.
   « Je ne pense pas satisfaire à vos critères d’adhésion, s’est excusé bien courtoisement l’auteur de Drame troublant à Fort Worth, Texas.
   – Comment cela ?
   – Je suis séparatiste.
   – Mais nous aussi, putain !
   – Je suis séparé du Québec. »
   C’est ce même Sentier fier et libre qui, un peu plus tard, a sommé les recherchistes de Tout le monde en parle et de Viens baiser avec France de lui foutre la paix et de vider les lieux. Ce qu’ils ont fait, croyez-moi.
   Du monde de partout, comme à Graceland. On a vu les Témoins de Jéhovah des lettres québécoises distribuer des tracs qui disaient : « La littérature est le lieu pour porter le malheur des autres, la douleur du monde, un lieu où la souffrance a le droit d’exister. » Pas loin de là, adossé au chemin de Damas, le stand sympathique et bourdonnant d’activité du Prix littéraire des collégiens faisait voir une large bannière sur laquelle on pouvait lire : « Acquérire le goût de lire. »
   Tous ont vu la fille du Nord débarquer du Train mystère, puis repartir avec un livre en direction de la Terre promise. Personne n’a pu voir, à cause de la pénombre, de quel livre il s’agissait. Un auteur a juré qu’il s’agissait d’un des siens. « Non, c’est le mien ! » s’est plaint Victor-Lévy Beaulieu. La bagarre a éclaté. Et c’est alors qu’est apparue, vêtue de noir comme Roy Orbison, l’animatrice radio-canadienne du Combat des livres. Volubile, dansant presque d’excitation, elle a proposé qu’on oppose les écrivains « gars » aux écrivains « filles ». Les chroniqueuses du Livre Show se sont jetées dans la mêlée, suivies de celles de Juste pour lire, le blogue littéraire de Québec Loisirs, puis de celle d’Elle Québec, le magazine qui prédit le passé.
   Quelle rentrée, mais quelle rentrée ! Ç’aurait pu mal tourner, n’eussent été la musique et l’ascendant de Cavalcade d’étoiles sur les foules.

 

 

Louis Pronovost


Louis Pronovost naît à Saint-Tite, en Mauricie, le 2 août 1910. La mort de sa mère d'une grande beauté, alors qu'il n'a que cinq ans, le marque à jamais. Tous les jours, toute sa vie, il la priera avec ferveur.

Son père, Georges Pronovost, qui s'est remarié, n'est pas qu'un des hommes les plus forts de la Mauricie : c'est aussi un être juste, et profondément bon. Au début des années vingt, un accident de voiture à chevaux le contraint à quitter la ferme et à descendre avec les siens s'installer à Trois-Rivières, où il sera pompier et policier.

Louis, qui s'adapte à tout, est heureux à Trois-Rivières. Cycliste ardent de longue distance, scout, premier de classe, il devra toutefois, comme tant d'autres de son époque, sacrifier les études pour le marché du travail. C'est en lisant et en s'instruisant lui-même qu'il deviendra un érudit, féru notamment d'histoire, et qu'il développera une maîtrise remarquable du français écrit.

Profondément religieux, auteur de nombreux articles à caractère humaniste, il aura pour guides et amis deux prêtres originaux d'une supérieure intelligence : les abbés Robert E. Llewellyn et Ambroise Lafortune.

Louis Pronovost a occupé des postes importants dans le domaine de l'administration. Mais c'est en dirigeant de façon inspirée le légendaire clan Saint-Jacques, pendant près de deux décennies, qu'il a créé et propulsé le scoutisme routier chez les francophones du Canada, et qu'il s'est le plus illustré. Il a été reçu membre de l’Ordre du Canada, en 1977.

Louis Pronovost est décédé le 17 juillet 2003, à Laval, à l'aube de ses quatre-vingt-treize ans. Lui et son épouse, Gisèle Francoeur, âgée aujourd'hui de quatre-vingt-dix ans, ont eu quatre enfants.  

 

COPIE D’UN COURRIEL À M. YVES BOISVERT, DE LA PRESSE

Trois-Rivières, le 17 septembre 2009

Monsieur Boisvert,

C'est au columnist spécialiste des affaires judiciaires et déontologiques que j'écris, et aussi, dans une certaine mesure, à l'ex-critique de théâtre. Un peu pour faire suite à l'affaire Robinson, sur laquelle vous vous êtes brillamment exprimé, laissez-moi vous parler des ennuis, voire des préjudices irréparables, qui guettent nos écrivains. Car le milieu littéraire québécois a son lot de rapaces et de personnages de Molière.

En 1996, faisant fi de la mise en garde de l'Union des écrivaines et des écrivains du Québec, selon laquelle j'allais m'aliéner l'establishment littéraire, j'ai traîné Québec Amérique aux petites créances, pour bris de contrat. (Une promesse de publication devant témoins équivaut à un contrat, point à la ligne à pêche.) Vous auriez dû les voir, fous de rages et, à un moment donné, incapables de comprendre la notion juridique de non-pertinence. Le juge les a rassis d'un coup de maillet digne du batteur de Cavalcade d'étoiles. Cette histoire m'a valu 6 000 piastres Johnny Ca$h. Je me suis d'ailleurs acheté une guitare, une belle Gibson Everly noire.

Déjà, à cette époque, j'étais sur la black list du p'tit monde littéraire pour avoir, en 1992, forcé Le Devoir à tirer la chasse sur un de ses journalistes, un activiste gai visiblement mal à l'aise avec l'esprit de la route. Il avait titré sa critique d'Appalaches : Tiguidou pack-sack. C'était son droit, remarquez bien. Sauf que cet imbécile situait la piste des Appalaches entre l'Alabama et New York. Non seulement le mot Alabama ne figure pas une seule fois au vocabulaire de ce livre, mais on y lit au moins trente fois que la piste en question s'étire de la Georgie au Maine !

Encore Le Devoir, en 1997, avec cette fois une blondinette dont la signature en forme d'œuf éveillait à elle seule les soupçons. (Un de mes amis, graphologue à la police, rit aux larmes quand je lui conte ça.) Elle pondit sur Kimberly, Mère de Dieu un papier contraire à tous les codes d'éthique du journalisme, tellement tordu qu'il laissait le lecteur sous l'impression que ce roman était une reprise de mes Marins d'eau douce, parus en 1975. Face à tant d'amateurisme, pour ne pas dire de malveillance, j'ai de nouveau contre-attaqué. Les couards du Devoir ont paniqué. On n'a plus revu la môme.

Merci, monsieur Boisvert, et félicitations pour ce marathon. 

André Pronovost

VICTORIA VALENTINO

L’ex-PLAYMATE DE PLAYBOY et membre de CAVALCADE D’ÉTOILES, votre groupe rock favori, dirige actuellement le tournage d’un documentaire consacré à six vieilles familles qui, depuis leur immigration jusqu’à aujourd’hui, ont marqué l’histoire de la ville mythique de Pasadena, en Californie du Sud. En cette ère Obama d’ouverture sur le monde, l’œuvre séduit notamment par la différence d'origine ethnique des familles en question : chinoise, japonaise, européenne, espagnole, africaine et arménienne. Produit par le Musée d’histoire de Pasadena, ce documentaire d’une durée d’une heure et demie sera présenté à plusieurs festivals du film aux État-Unis et en Europe.

 

 

Kimberly McArthur


La dernière mise à jour de andrepronovost.com s’est soldée par un nombre record de visites. L’article sur la lumière y est sans doute pour quelque chose. De même que la photo des Everly Brothers sur la Route verte. Mais pas autant, selon nos experts, que celle de Kimberly McArthur, l’ange gardien du Bord-de-l’Eau.

Bref, à l’intention des visiteurs de andrepronovost.com, une autre photo de Kimberly Ann. Prise à Fort Worth, comme la précédente.

 

M. Jean-Robert Sansfaçon, rédacteur en chef, Le Devoir
Mme Marie-Andrée Chouinard, responsable de la page Idées, Le Devoir

Monsieur Sansfaçon,
Madame Chouinard,

Je vous ai soumis pour publication, il y a quelque temps, un article de ma signature intitulé « Pornographie : et si la science donnait raison à l’Église ? » Cet article manifestement conforme aux idéaux de liberté d’esprit et d’avant-gardisme intellectuel de votre journal, vous ne l’avez pas publié. Et c’est en vain, nonobstant mes courtois rappels, que j’ai attendu vos explications.

Je comprends votre gêne. Cet article impeccable sur le fond comme sur la forme vous est parvenu quelques jours à peine après qu’un de vos journalistes, monsieur Christian Desmeules, eut écrit dans vos pages que j’étais une nullité.

Bref, monsieur Sansfaçon et madame Chouinard, je ne puis que déplorer votre manque de caractère et, en ces temps de vacuité, votre décision pour le moins discutable de priver notre pays d’un texte susceptible de l’élever, d’alimenter sa réflexion et même d’en faire une chef de file dans la lutte contre ce fléau pour l’enfant qu’est la pornographie.

André Pronovost

PORNOGRAPHIE : ET SI LA SCIENCE DONNAIT RAISON À L’ÉGLISE ?
par André Pronovost

Plus jeune, à l’Université du Québec à Montréal, dans le cadre de mes études en psychologie animale, j’ai montré l’importance des conditions d’éclairement dans l’agressivité liée à la défense territoriale de Xyphophorus helleri, un poisson combatif pour qui les stimuli visuels revêtent une importance capitale. Mes réflexions sur la pornographie, ou sur la prolifération dans notre environnement des stimuli visuels à caractère sexuel, découlent de ces lointains et fascinants travaux.

Chez l’homme et chez beaucoup d’animaux diurnes, la lumière excite l’hypothalamus par l’intermédiaire des nerfs optiques et, d’une manière moindre, à travers la boîte crânienne. L’hypothalamus, sous l’effet de cette excitation, sécrète une substance véhiculée par le sang jusqu’à l’hypophyse, laquelle joue un rôle important dans la production des gamètes et dans d’autres aspects de la vie, comme l’agressivité. La lumière facilite le fonctionnement des gonades (testicules chez l’homme et ovaires chez la femme), et active les neurotransmissions dopaminergiques et sérotonergiques, un peu comme le fait le cannabis. On sait aussi, depuis peu, qu’elle augmente la production d’hormones masculines. En termes d’action sur l’hypothalamus, le nombre et l’intensité des stimuli visuels de l’environnement complètent le travail amorcé par la lumière proprement dite.

Mais revenons à la pornographie. Sa condamnation ne date pas d’hier, pas plus qu’elle n’est l’apanage de l’Église. Le devin Tirésias fut puni de cécité par la déesse Athéna, pour l’avoir regardée se baigner nue. La phobie de la cécité est depuis longtemps connue des psychiatres, tout comme les fantaisies d’extraction des yeux chez les schizophrènes. On sait comment les mystiques hébreux appellent le diable : Ayin. Ce mot veut dire œil, et aussi hilarité. C’est que les mystiques hébreux, qui emploient le mot connaître pour dire avoir des rapports sexuels avec une femme, ne prennent pas l’œil au sérieux. Ce dernier, au même titre que le diable, n’en a que pour la couche superficielle des choses. L’immense domaine des vérités cachées lui échappe complètement. Les yeux ne peuvent s’ouvrir sur la vérité du monde intérieur, ne peuvent recevoir la lumière divine, qu’en se fermant sur le monde extérieur.

Ce qui est toutefois nouveau, et c’est ce que j’aborde dans Plume de Fauvette, mon plus récent roman, c’est que la science semble vouloir donner raison à l’Église et aux moralistes anciens. Nous sommes en mesure, en effet, d’avancer des hypothèses qui associent à des psychopathologies infantiles ou juvéniles telles que la violence et l’hyperactivité, ou leur possible contrepartie certaines formes de dépression, l’actuelle augmentation dans notre environnement, en nombre et en intensité, des stimuli visuels à caractère sexuel, voire des stimuli visuels dépourvus de toute connotation sexuelle. Car ces derniers, en proliférant, surchargent à eux seuls l’hypothalamus. On peut d’ailleurs penser que l’avènement de plus en plus précoce de la puberté est le reflet, du moins en partie, de cette seule surstimulation visuelle sans connotation sexuelle à laquelle est soumis le cerveau de l’enfant. Déjà, nous savons que la puberté est précoce dans les pays fortement ensoleillés. Et que les Esquimaux, dans la région à nuit polaire prolongée, ont un développement sur le tard de la puberté. Nous connaissons les conséquences de l’absence de stimulation visuelle sur la vie sexuelle des aveugles. Autant de données et d’observations, soit dit en passant, que nous ne saurions dissocier du revers de la main de cette corrélation mathématique, partout dans le monde, entre le taux de suicide et l’allongement des jours.

La lumière est au centre des grands symboles universels. Au commencement, selon la Genèse, Dieu dit : « Que la lumière soit », et la lumière fut. « Plus de lumière encore ! » a dit Goethe avant de mourir. La pensée mythique associe aux grands héros des valeurs « solaires », et le dieu suprême de l’Afrique noire et des Aztèques personnifie le soleil. La lumière est pour Steinbeck l’autre nom de la conscience. Un de ses personnages dira : « Ce n’est pas vrai que la lumière vous fait mal aux yeux. Dans le fond, vous avez peur. » Nous savons, depuis notamment les travaux d’Eibl-Eibesfeldt, que le langage du regard humain est à lui seul lié de près aux conditions de l’éclairement et aux stimuli visuels.

Je n’invente rien en disant que la dilatation des pupilles est sans commune mesure avec ce qu’elle était il y a cinquante ans. On est loin du temps où le seul spectacle de la nature divertissait les gens. Notre environnement visuel est passé du noir et blanc et d’un nombre plutôt stable de stimuli à un excès de couleurs et de stimuli nouveaux. En ajoutant à ces stimuli ceux à caractère sexuel, toujours plus nombreux, eux aussi, et d’un réalisme inédit, on voit se dessiner, surtout chez le garçon à l’époque de la puberté, un hypothalamus bombardé comme jamais dans l’évolution de l’espèce humaine. D’accord, il se peut que l’enfant soit génétiquement programmé pour bloquer les stimuli visuels qui, trop nombreux ou trop intenses, menacent son intégrité physique et psychologique. De même qu’il se peut que, contrairement à l’estomac, au foie ou à une éponge, qui ont tous leur niveau de saturation, l’hypophyse soit un organe capable d’en prendre, comme on dit. Autre possibilité : cette forme d’apprentissage qu’est l’habituation, et qui consiste en la disparition graduelle d’une réponse à la présentation répétée ou prolongée du stimulus l’ayant déclenchée. Sauf qu’une habituation permanente aux stimuli visuels à caractère sexuel irait dans le sens de l’extinction de l’espèce humaine.

Faut-il bannir la pornographie ? L’effacer, ne fût-ce que pour des raisons strictement scientifiques, du champ visuel déjà encombré de nos jeunes gens ? Car n’oublions pas ceci : les stimuli visuels à caractère sexuel, qui commandent pour ainsi dire la fonction de reproduction, et donc la réaction contre l’extinction de l’espèce, sont parmi ceux auxquels l’homme est le plus réceptif. Nous savons d’autre part que le rôle des stimuli visuels dans le rapprochement sexuel est plus important pour l’homme que pour la femme. Il est différent, en tout cas. Le garçon est excité par la vue d’une personne, d’une rondeur de l’anatomie féminine, d’une photo, et j’en passe. Il ne peut désirer sans voir ou sans mettre en images l’objet de son désir. Plusieurs études, conduites majoritairement par des chercheurs de chez nous (Crépault et al.), montrent d’ailleurs que les rêves éveillés à contenu érotique sont significativement plus fréquents chez les hommes que chez les femmes, surtout à l’adolescence. Cette loi du développement est aussi implacable qu’une loi de la physique.

La prolifération des stimuli visuels à caractère sexuel ne fait pas qu’amplifier celle des stimuli visuels dépourvus de toute connotation sexuelle, ne fait pas que heurter la morale traditionnelle, ne fait pas que rendre incassables les stéréotypes sexuels : nous avons lieu de croire qu’elle agit comme le tabac, l’alcool et la drogue, et comme plusieurs médicaments, en créant, surtout chez le garçon, une dépendance autodestructrice. D’où la question : l’Église et la science, qui s’entendent généralement pour condamner la gourmandise et l’alcoolisme, et même la paresse, peuvent-elles s’entendre pour condamner la pornographie ?

Je ne puis m’empêcher, en terminant, d’évoquer les nombreuses études de type factoriel qui associent la santé physique et mentale à la foi religieuse. Se pourrait-il que ces études en arrivent à démontrer que la variable déterminante, inconnue à ce jour et plutôt intrigante, est l’estime de soi induite par l’idéal de pureté sexuelle et de fidélité en amour que valorisent les religions ?


Kimberly McArthur

Kimberly Ann à Fort Worth, en 1973, moins d’une décennie avant
qu’elle n’accède au prestigieux statut de Playboy Playmate of the Month,
et qu’elle ne trouble à jamais la conscience du Bord-de-l’Eau.

PRIX LITTÉRAIRE DES COLLÉGIENS

Voici, pour répondre à la demande des étudiants membres du jury du Prix littéraire des collégiens, la liste des chansons interprétées par Cavalcade d’étoiles à l’occasion du lancement de Plume de Fauvette :

Running Scared (Roy Orbison)
Four Strong Winds (Johnny Cash)
Mystery Train (Elvis Presley)
Elle m’appartient (Francis Cabrel)
Old Man (Neil Young)
Ring of Fire (Johnny Cash)
Devil Woman (Marty Robbins)
Abandoned Love (Everly Brothers)
Girl from the North Country (Bob Dylan / Johnny Cash)
The Promised Land (Bruce Springsteen)

Handle with Care (Traveling Wilburys)
American Pie (Don McLean)
Susie Darlin’ (Robin Luke)
Dans mon rêve (Zachary Richard)
Pagayez (Zachary Richard)
J’entends frapper (Michel Pagliaro)
Blue Suede Shoes (Elvis Presley)
Pretty Woman (Roy Orbison)

Johnny B. Goode (Chuck Berry)


LANCEMENT DE PLUME DE FAUVETTE : MOT D’ANDRÉ VANASSE

Chers amis d’André Pronovost,

Au moment où vous entendrez ces mots, je serai en Espagne depuis quelques jours, où je prendrai des vacances que je juge fort méritées...

Cela dit, je m’en voudrais de ne pas être de la fête avec vous, au moins en pensée. Il s’impose que je me présente par la voix de Josée Bonneville, mon adjointe, que je remercie de me remplacer si gentiment : je suis l’éditeur d’André Pronovost, que j’admire depuis la parution des Marins d’eau douce. La plupart d’entre vous étaient trop jeunes pour savoir que Réginald Martel, chroniqueur respecté et respectable à La Presse, avait dit le plus grand bien de ce roman paru en 1975 aux éditions de la Catalyse. J’avais adoré. C’est le poète Carl Mailhot, l’ami de mon frère et aussi d’André Pronovost, qui m’en avait recommandé la lecture.

Puis ce fut un silence de près de vingt ans avant que ne paraisse un road novel placé sous le titre de Appalaches. C’était en fait une parenthèse, puisque André Pronovost était pour ainsi dire forcé de revenir sur ses pas et de revisiter le Bord-de-l’Eau, à Saint-Vincent-de-Paul, le patelin qui l’a vu naître et à qui il voue une adoration totale.

Et c’est cet aspect qui plaît chez Pronovost. En écrivant sa trilogie (Kimberly, Mère de Dieu, Que la lumière soit, et la musique fut, et Plume de Fauvette), André Pronovost fait la preuve que small is beautiful. Il sait surtout que le commencement du monde a eu lieu au Bord-de-l’Eau. Étonnant que si peu de monde le sache.

Lire André Pronovost, c’est entrer dans l’univers du mythe. Et que ceux qui en doutent se plongent dans Plume de Fauvette. Ils y apprendront que le couple Johnny et Maude est sur le bord de la faillite. Le disant, Blanche – personnage de premier plan dans cette trilogie – ne doute pas un seul instant que si le couple se sépare, c’est l’Amour même qui sera rayé du royaume des humains. De fait, dans ce microcosme qu’est le Bord-de-l’Eau, tout drame intime prend l’allure d’une tragédie grecque. L’olympe loge près de la rivière des Prairies. Dès lors, on ne sera pas surpris de lire que le pape et George W. Bush soient partie prenante des secousses que vivent les gens du Bord-de-l’Eau. Disons-le tout net : cette bourgade est plus porteuse de messages universels que celle d’Astérix. Ici, il n’y a pas de potion magique. Il y a, par contre, une cohésion du groupe comme on n’en voit nulle part ailleurs. Tous les personnages sont d’une extrême importance, même Lassie, qui est comme le baromètre de la communauté. Qu’elle batte de la queue, et on bat des mains. Qu’elle ait la falle basse, et c’est la déprime pour tout un chacun. Je ne le dirai jamais asez (j’ouvre une parenthèse pour dire qu’André Pronovost déteste la louange, mais je n’y puis rien) : cet auteur est à mes yeux le plus grand chroniqueur québécois que je connaisse. Il a l’art de dire des choses démesurées avec une économie de mots qui rendent ses textes lumineux. En fait, l’univers imaginaire d’André Pronovost n’aurait pas l’impact qu’il a sur moi s’il n’était porté par une plume dont la maîtrise est inégalée. Et que ceux qui croient que cela vient naturellement se détrompent : pour en arriver au résultat que vous lirez, sachez que chaque phrase, chaque mot a été longuement mûri. En fait, rien n’est laissé au hasard dans les écrits de Pronovost, et c’est ce qui fait sa force et sa grandeur.

Je me tais là-dessus. C’est le temps de chanter et de s’amuser.

Salut, André, et bon spectacle !

LANCEMENT DE PLUME DE FAUVETTE : MOT D’ANDRÉ PRONOVOST

Merci de vous être déplacés au point de rendre cette salle comble un deuxième soir d’affilée, pour assister au lancement de Plume de Fauvette. J’apprécie énormément. Il y a des gens de partout : du Bord-de-l’Eau, bien entendu ; de Toronto ; de Burlington, au Vermont ;  et même d’Albuquerque, au Nouveau-Mexique. Yes, we can. C’est sur la base de votre ouverture d’esprit et de votre générosité que nous sommes ici ce soir. Cela est d’autant plus vrai que nous n’avons pu, une fois de plus, compter sur le support médiatique, ni même sur celui du milieu culturel. Et ce, malgré le fait que je publie chez XYZ éditeur, une des maisons d’édition les plus prestigieuses du Québec.

Merci à André Vanasse, directeur d’XYZ  et de la revue Lettres québécoises. Merci à madame Josée Bonneville. Merci à toi, Pierina. André Vanasse est en Europe, et je tiens à vous dire que j’ai reçu de lui, hier matin, un très chaleureux courriel.

Merci à mes amis de Cavalcade d’étoiles : c’est aussi grâce à eux que nous sommes ici ce soir, que nous l’étions hier soir, et que nous le serons samedi soir prochain, à Saint-Stanislas, en Mauricie. Soit dit en passant, notre bassiste et son épouse attendent un premier enfant.

Une grande absente au lancement de ce soir : notre sœur, Lise Pronovost, qui nous a quittés le 14 août dernier. Bien que le rock ne fût pas sa musique favorite, elle appréciait ce que nous faisions.

Je souffre d’un vilain torticolis, j’ai dû prendre des médicaments, et j’espère que ça va aller. Je suis sous la haute surveillance de mon médecin personnel, Pierre Leduc, présent dans l’assistance, et prêt à intervenir. Je suis la deuxième vedette rock de l’Histoire à être soignée par le Dr Leduc juste avant un concert. En 1966, il avait en effet, pour reprendre son expression, « shooté une piqûre » à un des Everly Brothers.

En terminant, j’aimerais vous dire ceci : il y a eu 31 ans hier, je commençais à parcourir, d’un bout à l’autre, le sentier des Appalaches.

Merci.

PLUME DE FAUVETTE : LETTRE DU CARDINAL TURCOTTE

Montréal, le 26 février 2009

Cher André,

J’ai bien reçu par l’intermédiaire de ton éditeur, XYZ, ton roman Plume de Fauvette.

Mon frère Alain, qui a assisté au lancement, m’a parlé avec enthousiasme de cet événement remarquable.

Je te félicite d’avoir réussi à publier cet autre volume qui s’inspire de ta vie de jeunesse au Bord-de-l’Eau, à Saint-Vincent-de-Paul.

Je compte le lire aussitôt que mon horaire assez chargé me le permettra.

Accepte encore une fois mes félicitations et mes vœux de succès dans toutes tes entreprises.

En toute amitié,

Jean-Claude Turcotte

JOHN STEINBECK, ARTHUR RIMBAUD, ROY ORBISON, LYSIANE GAGNON
par André Pronovost

   C’est tout à fait à reculons, et uniquement pour faire plaisir à une personne qui m’était chère, que j’acceptai, il y a quelques années, d’aller parler littérature à des enfants de sixième année – deux groupes de garçons et de fillettes qu’on avait pour la circonstance entassés dans un même local de classe. C’était dans le cadre d’une semaine consacrée à je ne sais trop quel drame humain – aux livres, je crois. Pas question de dire à ces mômes que la littérature québécoise était, au fil du temps et à l’image du Québec, passée de quête d’identité politique à quête d’identité sexuelle. Et encore moins de leur expliquer la différence entre un écrivain peau-rouge et un écrivain en résidence.
   « Je prends mon inspiration dans les cimetières.
   – Allons !
   – De même que dans les Appalaches. »
   Ils soupirèrent de soulagement.
   « Mes influences littéraires ? John Steinbeck, Arthur Rimbaud, Elvis Presley, Lysiane Gagnon.
   – Elvis Presley ?
   – Tout à fait. Elvis Presley, Roy Orbison, les Everly Brothers. Ma façon d’écrire emprunte aux trésors de la poésie française et à la cadence musicale des pionniers du rock. Prenez cette phrase : un oiseau déchira l’air au-dessus de ma tête. (J’écrivis ladite phrase au tableau noir.) Contient-elle une faute ? »
   C’étaient des élèves plutôt doués, garçons et fillettes.
   « Non, monsieur.
   – Vous avez raison. Mais n’abrite-t-elle pas un mot pas bien beau ?
   – Déchira ! »
   Une des gamines, à demi cachée sous son pupitre, ajouta :
   « Ce mot me fait penser à rat ! »
   Je repris aussitôt :
   « Par quel mot plus joli pourrions-nous le remplacer ?
   – Fendit ! trouva quelqu’un.
   – Excellent.
   – Coupa ! fit quelqu’un d’autre, un peu plus tard.
   – Excellent. »
   Bien sûr, ils mirent quelque temps avant de trouver qu’avec fendit ou coupa nous avions fait plus que larguer un mot dur et vilain : nous avions, en troquant un mot de trois syllabes contre un mot de deux syllabes, donné à notre phrase un rythme qui lui manquait. Un oi/seau fen/dit l’air au des/sus de ma tête. Ils étaient éblouis. Ils ne voulaient plus me laisser partir. La jeune enseignante, le haut de son sein gauche tatoué du logo de la réforme scolaire, était dans tous ses états.
   Je pensai à Kerouac. J’évitai d’évoquer son mépris des policiers littéraires ou des écrivains prébendiers des universités. Ces gosses n’auraient rien compris.
   « Vous savez ce qu’il disait de Hemingway ? Qu’il écrivait avec une gomme à effacer. »
   Leurs rires éteints, j’enchaînai avec Lysiane Gagnon, du journal La Presse. Ils connaissaient Réjean Tremblay, dont leur parlaient leurs enseignants, mais pas du tout madame Gagnon. Je soulignai le degré de force, d’enchaînement et de progression de ses idées. J’évoquai ses mots justes, son style clair. Je louai sa ponctuation.
   – La ponctuation, reconnut un p’tit blond, c’est ma hantise. Ça et le brocoli.
   – C’est pourtant elle qui, chers amis, donne à la phrase toute sa cadence, toute sa puissance, toute sa logique. Savez-vous qu’un homme fut pendu, jadis, à cause d’une virgule mal placée ?
   – Pas vrai !
   – Le roi ordonna : « Gracié, pas pendre. » L’intendant, formé aux compétences transversales du temps, écrivit : « Gracié pas, pendre. »»

AVANT-PROPOS DE PLUME DE FAUVETTE : voir rubrique Plume de Fauvette



If you find your sweetheart in the arms of your best friend, that’s, that’s when your heartaches begin. – ELVIS PRESLEY

ANDRÉ PRONOVOST
Plume de Fauvette
XYZ ÉDITEUR

LANCEMENT DOUBLÉ D’UN CONCERT ROCK !
CAVALCADE D’ÉTOILES

MONTRÉAL / LE PETIT MEDLEY
Vendredi 20 février 2009 20 h
Samedi 21 février 2009 20 h
BILLETS :
Kathryn Taylor : 514 525-2170
info7@andrepronovost.com

SAINT-STANISLAS / SALLE MUNICIPALE
Samedi 28 février 2009 20 h
BILLETS :
Stathis Petridis : 418 328-8086
Julie Desaulniers : 819 295-5115, poste 223
info7@andrepronovost.com



LISE PRONOVOST
1940 - 2008

UNE DES HÉROÏNES D’APPALACHES DEVIENT ROMANCIÈRE !

Kathryn Janet Fraser, la Cathy Feller d’Appalaches, est toujours dans le décor. La blonde indomptable de Dartmouth College, devenue médecin et psychiatre à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, va bientôt publier. Un roman inspiré de la présidence de George W. Bush.

Le lien est le suivant :
http://www.o-books.com/product_info.php?products_id=597

Notez que la blonde romancière a son billet d’avion pour Le Petit Medley.



LOUIS PRONOVOST, 1949
par André Pronovost

Claire Varin, de la Société littéraire de Laval, me remettait il y a quelque temps un exemplaire de la revue Jeunesse canadienne de février 1949, dans lequel paraît un texte vigoureux de Louis Pronovost sur l’avilissement du gouvernement canadien au moment où, les canons de la Deuxième Guerre mondiale à peine tus, fait rage la guerre froide entre les États-Unis et le bloc communiste. Catholique engagé, pacifiste avant son temps, mon père parle du suicide auquel court une humanité devenue atomique. « Pourquoi se battre ? Pour accumuler d’autres ruines ? Pour susciter d’autres misères, d’autres problèmes insolubles ? Pour créer quelques centaines de nouveaux millionnaires ? » Mon père voit dans l’appui sans réserve du Canada à l’alliance militaire de l’OTAN un déni des valeurs chrétiennes et un refus calculé d’évaluer les pièges et les forces coercitives du capitalisme.

« Si nous avons eu la guerre aussi souvent, c’est que nous n’avons pas cru en la paix. C’est qu’au lieu de travailler au bonheur de leurs subordonnés nos chefs se sont d’abord préoccupés de mieux assujettir leur domination économique. Plutôt que de développer la justice sociale, on multiplie les traités injustes et les alliances iniques. » Ce n’est pas un hippie des années soixante qui parle. Ni Bob Dylan. C’est mon père, Louis Pronovost, en 1949.

Collaboraient à Jeunesse canadienne (douze numéros pour un dollar et demi) d’éminents penseurs canadiens-français : Roger Varin, Guy Rocher, Colette Fortier, Claude Ryan, Thérèse Duménil, Suzanne Casgrain, Camille Laurin, et j’en passe. Ses principaux annonceurs étaient Dupuis Frères, la Librairie Tranquille (tél. : Bélair 6571), la Lauzon Driving School Limited (tél. : Plateau 1122), et Player’s à bout en liège et uni.  


RYTHM OF THE RAIN

Impossible de ne pas connaître ce classique des Cascades. On l’entend chez le dentiste ou en magasinant chez Wal-Mart. En 1963, il figura au palmarès dans plus de quatre-vingt pays. Écrite pendant son service militaire par John Claude Gummoe, le chanteur soliste du groupe, Rythm of the Rain est la première pièce de l’histoire du rock à intégrer dans son enregistrement un piano électronique.

John Claude Gummoe vit aujourd’hui à Cleveland, en Ohio. C’est un ami de Cavalcade d’étoiles et de andrepronovost.com. 

Le lien YouTube de Rythm of the Rain (appelée erronément Rhythm of the Falling Rain) est pour l’instant le suivant :
http://www.youtube.com/watch?v=h5ZSSM2U6m0&feature=related

Nous disons pour l’instant, en raison de la fidélité éphémère de plusieurs liens YouTube. C’est d’ailleurs pour cela que le lien vers la version 1973 de All I Have to Do Is Dream de Don et Phil Everly (voir plus bas) vient d’être revu et remplacé par :
http://www.youtube.com/watch?v=exI-TYzcKd8

LE 19 FÉVRIER 1978
par André Pronovost

L’année 2008 marque le trentième anniversaire de ma longue marche dans les Appalaches, de la Georgie au Maine. Le 19 février 1978, un dimanche soir sans arrière-pensée, je partais pour Atlanta par un vol d’Eastern Airlines. J’étais à un tournant de ma vie. J’avais la larme à l’œil. À Dorval, à tout hasard, je rencontrai mon cousin et homonyme André Pronovost, l’ex-attaquant des Canadiens de Montréal et des Bruins de Boston. Je fus heureux de l’entendre me dire qu’il allait penser à moi.

À Atlanta, je dormis dans un motel qui jouxtait l’aéroport, un truc à six dollars. Le lendemain, sous un ciel ensoleillé qui me parut être un présage, je fis du stop comme un jeune homme en direction d’Amicalola Falls. Sept automobilistes se relayèrent pour me conduire au terminus sud de cette piste de 3 500 kilomètres, qui remonte patiemment l’inconscient de l’Amérique. Je commençai à marcher à deux heures de l’après-midi, au terme d’une prière à la Vierge et d’un sandwich au pied d’un arbre. Je marchai comme ça, sac au dos, jusqu’au dimanche 2 juillet.

Trois décennies plus tard, je me souviens parfaitement de chaque journée sur ce sentier, où chaque pas vous rend conscient de chaque seconde du temps qui passe. Ce qui m’a le plus frappé, de retour chez moi, c’est le bruit d’enfer dans lequel nous vivons. On dira ce qu’on voudra, mais ce bruit rend inaudibles les voix d’outre-tombe. Il crée de l’interférence dans nos échanges avec Dieu.

Les photos ci-dessous (celles de la rangée du haut) datent de 1978. Je les ai prises en marchant. Aujourd’hui, mon sac à dos et ma casserole valent à eux seuls une petite fortune. Les photos du milieu, elles, ont été prises près du sentier le 3 janvier 1990, au moment où je visitais mon ami Sam Waddle, sur sa ferme du Tennessee. Je l’avais connu en 1978, justement. Il est mort en 2005. Le hasard a voulu que j’appelle chez lui le jour de ses funérailles, pour prendre de ses nouvelles. La première des deux photos du bas montre une lettre que je reçus, peu après mon retour au Bord-de-l’Eau, de l’adorable Alison Quinn. Son père, Terry Quinn, m’avait ramassé au moment où je passais une route derrière Virginia Tech, le soir du 9 avril. Sur l’autre photo, prise en 2007 : les enfants d’Alison ! Bon Dieu de bon Dieu !  

 

 

 

MON AMI GASTON MIRON
par André Pronovost

Je l’ai toujours connu. Le Gaston du Clan Saint-Jacques, dont mon père était chef. Les quelque trente routiers qui formaient cette fameuse bande venaient souvent à la maison, au Bord-de-l’Eau. Ils avaient dans les vingt ans et quadrillaient le Québec à pied, sac au dos, en chantant. Outre Gaston, il y avait Ambroise Lafortune, Jean-Paul Riopelle, Jérôme Choquette, Jacques Parizeau, Jean Vallerand. Ils arrivaient par le traversier qui reliait Montréal-Nord au Bord-de-l’Eau. Ils jetaient leurs tentes derrière la maison, ou couchaient sur le plancher du salon, l’hiver. Mon frère Alain (mon frère Jean-François n’était pas encore né), ma sœur et moi devions les enjamber, la nuit, pour aller faire pipi.

C’est beaucoup plus tard que cet homme intense et triste est devenu le fameux Miron. Lui et mon père ne se voyaient plus, bien qu’ils s’appelassent de temps en temps. Le moins qu’on puisse dire est qu’ils n’avaient pas les mêmes idées. Mais le souvenir de la route l’emportait sur l’avenir du Québec.

À l’automne de 1991, Gaston fut de la fête réunissant les anciens du Clan Saint-Jacques. Et il assista, l’année d’après, au lancement d’Appalaches, le road novel de ma longue marche, pour lequel Le Devoir m’éclaboussa de son mépris. Mais revenons à Gaston. Grande fut sa joie de se ramener au Bord-de-l’Eau. Ambroise était là. Jacques Godbout était là. Quel beau lancement ! C’était la première fois que Jacques Godbout assistait à un lancement égayé d’un feu de camp et de quelques chansons. Gaston, lui, termina la soirée dans un coin, plongé dans mon roman et jurant entre deux montagnes que celui-ci irait loin. Huit cents cinquante-sept exemplaires vendus, mesdames et messieurs ! Tirages combinés du Québec et de la France ! Go, Johnny, go !

J’ai revu Gaston Miron le 20 août 1996, chez lui. Il avait mal à l’estomac. Le 17 octobre, il m’appela de son lit d’hôpital. Moi, le Québécois le moins fervent de l’annuaire du téléphone, je fus la première personne en dehors de sa famille à qui il annonça qu’il partait pour chez Dieu et que son sac était prêt. Il mourut deux mois plus tard, le 14 décembre.

 

DÉPRESSION SAISONNIÈRE ET LUMINOTHÉRAPIE

(L’article ci-dessous reprend à quelques lignes près la réplique d’André Pronovost à un article de La Presse sur la dépression saisonnière et la luminothérapie. La Presse n’a pas publié ladite réplique.)

L’article sur la dépression saisonnière et la luminothérapie, dans La Presse d’il y a quelques jours, ne dit rien des études statistiques sur les variations saisonnières du suicide et sur sa recrudescence, partout dans le monde, quand les jours allongent. Le manque de lumière peut être dommageable, mais pas autant que l’excès de lumière. Il serait beaucoup plus juste de dire qu’on soigne à petites doses ou à doses modérées de lumière des troubles psychiques qu’on pourrait aggraver avec des doses élevées.

J’ai travaillé sur la lumière, déjà, très modestement. Je crois même avoir été le premier Québécois à le faire. J’ai montré l’importance des conditions d’éclairement dans l’agressivité liée à la défense territoriale de Xyphophorus helleri, un poisson combatif pour qui les stimuli visuels revêtent une importance capitale. Je travallais à l’UQAM, sous la direction du Dr Jacques Beaugrand.

Je me suis intéressé aux rapports unissant la lumière du soleil et les transformations physiologiques responsables de la reproduction chez l’oiseau diurne. Des études en agronomie montrent que les testicules d’un canard dont on couvre les yeux d’un bandeau ne se développent pas, même pendant la période de reproduction, et que le poids des testicules passe d’environ cinq grammes à cinquante grammes quand les yeux du canard, en plein repos sexuel hivernal, sont inondés de lumière.

On inverse la saison sexuelle des brebis en les transportant d’un hémisphère à l’autre de la Terre. Les Esquimaux, dans la région à nuit polaire prolongée, ont un développement sur le tard de la puberté. En revanche, la puberté est précoce dans les pays fortement ensoleillés. Les conséquences de l’absence de stimulation visuelle sur la vie sexuelle des aveugles sont bien connues.

On sait que la lumière facilite le travail des gonades (testicules chez l’homme et ovaires chez la femme), et qu’elle active les neurotransmissions dopaminergiques et sérotonergiques, un peu comme le fait le cannabis. On sait aussi, depuis peu, qu’elle augmente la production d’hormones masculines.

Je me suis permis de faire un rapprochement, dans le cadre d’un de mes romans, entre le thème biblique de la lumière et la lumière en tant que stimulus visuel. J’y reviens brièvement dans un roman à paraître, Plume de Fauvette. La lumière est au centre des grands symboles universels. Au commencement, selon la Genèse, Dieu dit : « Que la lumière soit », et la lumière fut. « Plus de lumière encore ! » a dit Goethe avant de mourir. Un des personnages de Steinbeck dira : « Ce n’est pas vrai que la lumière vous fait mal aux yeux. Dans le fond, vous avez peur. »

J’ai fait des rapprochements entre la tendance des humains à diminuer l’intensité de la lumière par l’abaissement des paupières et souvent même de tout le regard, à l’occasion d’un échange de coquetteries, et les séquences complexes du comportement de cour des poissons et des oiseaux. Il va sans dire que, comme psychologue, j’ai toujours pris soin de faire une distinction entre la lumière proprement dite et le nombre et l’intensité des stimuli visuels.

La dépression saisonnière est un fait. Sauf qu’il faudrait l’appeler automnale, ou hivernale, et ne pas laisser les gens sous l’impression que les beaux jours sont sans conséquence.

L’environnement d’aujourd’hui, lourd de stimuli visuels, dilate comme jamais nos pupilles. Il n’a rien à voir avec l’environnement en noir et blanc de nos grands-parents, et il n’est peut-être pas étranger au phénomène de la puberté précoce, ni au trouble du déficit de l’attention. En taisant ce que les jours longs induisent, non seulement on crée une moitié de science, mais on prive le public et la communauté scientifique d’une réflexion captivante sur la lumière.   


SUSIE SCOTT KRABACHER

La belle Susan, qui a préfacé Que la lumière soit, et la musique fut, vient de publier un livre dans lequel elle raconte le cheminement qui l'a menée de Chicago à Cité Soleil ou, si vous préférez, du dépliant central du Playboy au dévouement humanitaire. Ces dernières années, son travail a été salué par Oprah Winfrey, ainsi que dans People, Marie Claire, le Wall Street Journal, le Los Angeles Times et le Chicago Tribune.

Susan n’a pas de bien bons mots pour Hef, le fameux Hugh Hefner. Elle parle de sa drôle de bouche, « semblable à une caverne ». Le livre est publié chez Simon & Schuster (New York, Londres, Toronto, Sydney).   

 

 

 

JEAN-FRANÇOIS PRONOVOST ET LA SOCIÉTÉ NATIONAL GEOGRAPHIC

Un autre honneur, et pas le moindre, échoit à Jean-François Pronovost (de Cavalcade d’étoiles) et à son équipe de Vélo Québec Association : Journeys of a Lifetime, une publication de la National Geographic Society, vient d’accorder à la Route verte la première place dans la catégorie des 10 meilleures routes cyclables du monde.

 

L’AFFAIRE COFFIN : UNE SUPERCHERIE ?

Pas l’ombre d’un doute : ce fascinant docu-roman porte un dur coup à la thèse de Jacques Hébert. Il résume les 2 250 pages de transcriptions sténographiques et de procédures du procès de Wilbert Coffin, à Percé, en 1954. Loin des ragots, il s’en tient aux faits mis en preuve devant la Cour du banc de la reine.

L’auteur, Clément Fortin, a été directeur de l’École du Barreau et professeur à la faculté de droit de l’Université de Sherbrooke. Comme André Pronovost, il est membre de l’Association des auteurs des Laurentides. Le livre est publié chez Wilson & Lafleur, à Montréal.

Me Fortin héberge un blogue : http://fortinclement.blogspot.com/

 

DE LA BELLE VISITE !

Deux récents visiteurs à andrepronovost.com : Christopher Rollason et Eddie Hodges.

Christopher Rollason détient un doctorat en littérature anglaise de York University, en Angleterre. Il écrit sur Jorge Luis Borges. C’est aussi un spécialiste de l’œuvre de Bob Dylan. Il est marié et vit en France.

Enfant prodigue, Eddie Hodges tint le rôle principal dans The Adventures of Huckleberry Finn. Il joua également dans A Hole in the Head, avec Frank Sinatra. Henry Fonda, Peter Lawford, Elvis Presley, Burl Ives, Jackie DeShannon, Carolyn Jones et Deborah Walley comptent parmi les personnes autres que Sinatra avec lesquelles il a tourné. À 14 ans, sa chanson I’m Gonna Knock on Your Door atteignit la douzième place du palmarès américain. Au début de la vingtaine, libéré de l’armée et en complet désaccord avec les valeurs de Hollywood, Eddie fit ses malles et rentra chez lui, dans le vieux Mississippi. Il gradua quelques années plus tard de l’Université Southern Mississippi. Aujourd’hui, il travaille en santé mentale, chante du blues et écrit.

     

DRAME SUR L’APPALACHIAN TRAIL
par André Pronovost

Robin Johnston vit à Nashville, dans l’État du Tennessee. Cette amie de longue date s’est tapée le sentier des Appalaches, de la Georgie au Maine, en 2001. Randonnée mémorable, en solo, qu’elle effectua pour s’affranchir d’un souvenir.

Le 15 juin 1978, en Caroline du Nord, dans le cadre d’une marche de deux semaines sur ce sentier que j’étais à parcourir d’un bout à l’autre, Robin et trois amies de classe âgées de 16 et de 17 ans étaient attaquées et violées à répétition par cinq voyous montés d’une bourgade des environs, Bitter End. Armés de couteaux et d’un revolver, ceux-ci prirent d’assaut le bivouac des jeunes femmes, en bordure de la piste, sur une colline autrement paisible que j’avais foulée deux mois et demi plus tôt, et dont j’ai encore un parfait souvenir.

Leurs agresseurs ivres morts, elles réussirent à prendre la fuite aux petites heures du matin. Elles coururent sur la piste comme des chèvres affolées, direction nord et Tennessee, jusqu’au lendemain. Elles atteignirent alors une route, et appelèrent la police. La chasse à l’homme qui s’ensuivit se poursuivit jusqu’au Texas et jusque dans l’Indiana. Les cinq gibiers de potence, âgés de 22 à 44 ans, furent arrêtés, traduits en justice et jetés en prison.

Débuta alors, pour Robin et ses trois copines, le quasi impossible rapiéçage du cœur.

 

SEPT NOUVELLES PHOTOS D'ÉPOQUE

De gauche à droite et de haut en bas :
André, 1944, Val-Morin, Québec. L’importance du père.
Arthur Rimbaud : « Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées ! »
La Pontiac Chieftain 1954 d'André. Photo prise en 1990.
André, 18 ans. Notez la ressemblance avec Ricky Nelson.
Gisèle F. Pronovost, 37 ans, Miami, février 1954.
Lise Pronovost dans les bras d’Ambroise Lafortune, Bord-de-l’Eau, 1947.
Jean-François Pronovost, Bord-de-l’Eau, 1967.

 

 

 

ENTREVUE À LECTEURS.CA

Il y a quelques mois, André Pronovost accordait une entrevue au site littéraire Lecteurs.ca.

Lisez cette entrevue à : http://www.lecteurs.ca/interview/show/18

 

AUTRE ENTREVUE : CENSURÉE, CELLE-LÀ !

L’entrevue ci-dessous n’a pas passé, elle. Le site littéraire auquel André l’a accordée
a refusé de la publier, arguant que les réponses données n’étaient pas « dans l’esprit du
site ». « Loin de nous de vous censurer, monsieur Pronovost, mais vos réponses sortent
du contexte littéraire québécois. »

On a demandé à André de revoir ses réponses « en tenant compte de l’esprit du site ». Mais André avait déjà perdu l’esprit.

Pensez-vous que les écrivains ont une responsabilité sociale ?
Le maçon a une responsabilité sociale. Le vendeur de chaussures a une responsabilité sociale. Vous avez une responsabilité sociale, chère madame, et j’en ai une. Je suis de ceux qui pensent que la littérature n’existe qu’en fonction de ce qui la dépasse, que ce soit la fraternité humaine ou la charité chrétienne.

La solidarité entre écrivains existe-t-elle ?
Il y a toutes sortes d’écrivains. Il y en a même qui ne savent pas écrire. Les écrivains visages-pâles et les écrivains peaux-rouges, comme Kerouac les appelle, ont peu de choses en commun. Je disais récemment à un jeune peau-rouge : « Ménage le sexe dans tes romans. C’est tellement à la mode que tu risques de basculer dans le camp des visages-pâles. » On n’est plus à l’époque de Henry Miller et des premières Playmates de Playboy. Le sexe, à ce moment-là, avait une signification politique. Il renvoyait à la rébellion. Aujourd’hui, il nourrit le conformisme et le système capitaliste. Les auteurs qui l’exploitent manquent pour le moins d’imagination.

Que répondez-vous à un jeune qui vous dit qu’il aimerait devenir écrivain ?
Justement, j’insisterais pour savoir s’il compte adhérer aux visages-pâles ou aux
peaux-rouges. Je dirais ensuite à ce peau-rouge : « Vas-y, mon gosse, des hommes comme toi, il ne s’en fait plus. »

Avez-vous un site Web ?
Oui, oui, oui. C’est aussi le site de mon groupe rock, Cavalcade d’étoiles. Les personnes qui assistent à nos concerts voient leur vie transformée. Certaines d’entre elles guérissent complètement. Dernièrement, à Montréal, dans le cadre du Festival international de la littérature, une rencontre intitulée « Littérature et rock » réunissait quelques auteurs d’ici épris de rock. Les savants organisateurs de l’événement n’ont pas daigné inviter le King des lettres québécoises. Je leur ai écris pour protester, et surtout pour rire d’eux. Ils ne m’ont pas répondu.

Est-il une cause qui vous tient à cœur ?
L’honnêteté intellectuelle, parmi tant d’autres. Prenez le thème de la Grande Noirceur, auquel s’abreuvent tant de Québécois. Ce thème rejoint celui du bouc émissaire, à propos duquel Jung écrit : « Quel soulagement pour la conscience morale ! Quelle satisfaction que de clouer le fauteur de troubles au pilori ! On peut désormais proclamer bien haut qui est le responsable, ce qui souligne l’origine extérieure du désastre, et met l’attitude personnelle à l’abri de toute suspicion. » L’Église n’a jamais eu le monopole de la Grande Noirceur. Bell balançait ses vieux équipements dans le Saint-Laurent. À la prison de Bordeaux, sur le boulevard Gouin, on pendait des hommes et des femmes qui s’en tireraient aujourd’hui avec douze mois de travaux communautaires. J’exagère à peine. Il faut comprendre que l’Église s’exprimait avec le langage et le raisonnement d'alors. Je suis convaincu qu’en matière de morale sexuelle les temps vont lui donner raison.

À la maison, quand j’étais petit, mon père recevait ses amis : Ambroise Lafortune, qui nous a tant émerveillés, et tant fait rire, et qui modifiait le bénédicité en disant bien humblement : « … donnez du pain et de l’esprit à ceux qui n’en ont pas » ; l’extraordinaire saint prêtre qu’était Robert E. Llewellyn, aumônier des étudiants de l’Université de Montréal ; Gérard Pelletier et quelques autres intellectuels vivifiants ou fiers routiers du clan Saint-Jacques. Ce catholique visionnaire qu’était mon père avait pour autre grand ami un pasteur anglican, Allan Barker. C’est vrai que Sœur Louise-Thérèse, mon institutrice en première année, me faisait peur. Mais elle était jeune, avec un beau visage, et semblait amoureuse de moi. J’ai su, des années plus tard, qu’il s’agissait d’une Pronovost et d’une lointaine cousine à nous.

La Grande Noirceur ? Mon grand-papa, Georges Pronovost, un des hommes les plus forts de la Mauricie, cultivateur à Saint-Tite puis policier aux Trois-Rivières, enseigna à ses enfants que les Noirs des États-Unis étaient des êtres courageux et admirables. Comme policier, il n’hésitait jamais, chaque fois qu’il pouvait, à conduire chez lui plutôt qu’en taule le malcommode malheureux qu’il venait d’arrêter. Mon oncle Léon, Léon Pronovost ? Une fois, deux gunmen pointent sur la banque où il est venu faire changer son chèque. Il leur a sauté dessus, comme dans les films de cow-boys. Je doute que l’emprise de l’Église ait été plus forte que celle qu’exercent sur le Québec d’aujourd’hui les agences de publicité, les médias et les anti-dépresseurs.

Je ne crois pas qu’il faille chercher midi à quatorze heures pour expliquer la dégradation du discours et des attitudes dont parlait récemment, dans Le Devoir, Denise Bombardier. Ce balayage des conventions sociales et éthiques n’exprime rien d’autre que l’angoisse profonde qui baigne notre temps. Même qu’il dénote des tendances suicidaires. Le corollaire de cela est facile à démontrer : les personnes qui, comme saint Paul ou Dostoïevski, bravent les tempêtes de leurs mers intérieures, les attaques répétées de leurs propres requins, ne s’amusent pas à des sottises ni ne tournent la sexualité humaine en dérision, sachant tout ce qu’elle est. Non plus qu’elles ne se complaisent dans une fausse rébellion ou dans ce baratin à la mode, l’art de parler pour ne rien dire, qu’évoquait il y a quelque temps, toujours dans Le Devoir, un sociologue dont j’oublie le nom.

Nous vivons une époque férocement mensongère et beaucoup plus crédule qu’on ne veut bien l’admettre. L’aspect le plus intéressant d’une émission comme Tout le monde en parle est qu’elle n’est pas ce qu’elle croit être. Sa popularité tient largement à ses qualités bourgeoises et, disons-le bien tristement, à l’attrait de nos gens pour le bitchage. Je ne sais d’où vient ce mot, dans sa forme francisée. Ce qu’on n’a pu toutefois manquer, c’est la complaisance avec laquelle des journalistes de La Presse, souvent des femmes, l’ont popularisé. On ne peut pas dire que celui qui bitche impressionne par sa bravoure. On le voit mal, par exemple, bitchant un joueur du Canadien. Ce roublard déguisé en non-conformiste puise aux sources mêmes la démagogie et de la rectitude politique. Le bitchage traduit non seulement de la méchanceté, donc de l’immoralité, mais une déviation pour le moins inquiétante de la virilité. Un homme ne se livre pas au bitchage, tout simplement. Il laisse ça aux fillettes.

Je m’intéresse aussi, depuis quelque temps, à la révision du dossier entourant le verdict de culpabilité contre le Gaspésien Wilbert Coffin. Je ne suis pas convaincu de la culpabilité de cet homme. Ni de sa totale innocence. J’ai milité contre la peine de mort dans les années qui ont suivi son exécution.

Cela dit, madame, je suis à écrire un roman dont le thème dominant est la dégradation de l’environnement. Ça s’appelle Plume de Fauvette. Un vieil érable est abattu. Le Bord-de-l’Eau, furieux, se sépare de Laval et, tant qu’à y être, de la Terre. Ça va être mon meilleur livre, et mon plus joyeux.

Quels écrivains admirez-vous ?
John Steinbeck. Sentier Lumineux. Kimberly McArthur. J’ai pleuré quand Steinbeck est mort, en 1968. Il écrit des histoires qu’on comprend. Ce sont les plus difficiles à écrire. C’était un rebelle et un grand humaniste. Les chroniqueurs littéraires du temps, souvent des bien pensants de la côte Est américaine, le toisaient. Ils ne comprenaient pas qu’un homme de son rang et de sa culture pût s’intéresser à des vagabonds.

Pour terminer, avez-vous une lecture à nous suggérer ?
La Bible ne fait pas de tort à personne. En tout cas, elle est d’un français nettement supérieur à celui des documents du ministère de l’Éducation du Québec.

Une autre lecture enrichissante : les inscriptions tombales. Beau temps, mauvais temps, je passe le coup de minuit du jour de l’An au cimetière de Saint-Vincent-de-Paul. Mon vieux papa est le premier à recevoir ma visite. Armé de ma torche électrique, comme sur la piste des Appalaches la nuit, je fais le tour de la parenté, des amis. Il m’arrive de m’arrêter devant la pierre d’un vague copain que je sais être mort à l'asile, s’être suicidé ou, comme James Dean ou Ritchie Valens, avoir péri en pleine jeunesse, dans un accident. Cette année, bien sûr, je suis passé voir la belle Diane, l’épouse d’un de mes amis. J’étais à leur mariage, en 1976. J’ai vu naître leurs trois enfants. On a porté Diane en terre le jour même du lancement de mon dernier livre, en février 2006.

Le cimetière de Saint-Vincent-de-Paul est à quelques kilomètres de chez moi. Mon père y dort depuis 2003. J’ai beau aimer pleinement la vie, j’ai hâte d’aller le retrouver. Il chantait beaucoup. Il construisait des maisons d’oiseaux. Je le soupçonne d’avoir vu venir la crise écologique et d’ennui mortel qui affecte notre époque. De là, je pense, sa piété et son attachement aux richesses immatérielles. Les futurologues des année soixante, mis à part les auteurs mystiques du Matin des magiciens, n’ont rien vu venir du merdier dans lequel nous nous enfonçons un peu plus chaque jour, comme des imbéciles.

Il y a toujours du monde au cimetière de Saint-Vincent-de-Paul, la nuit du jour de l’An. On y vient seul ou en famille. On allume des cierges, qu’on plante dans la neige, à l’abri du vent ou du souffle du démon. Décédé l’été dernier, mon oncle Gerry aura quand même pu admirer ma toute dernière acquisition, une vieille Buick. Il aimait les belles voitures. Il sommeille aux côtés de son fils aîné, un dingo du calibre des amis de Kerouac. Mon beau-frère et son fils dorment eux aussi côte à côte. Grand-maman Jeannette brodait des rideaux qui auraient pu orner les fenêtres de la résidence d’un chef d’État. De sa pierre tombale, on remonte vers celle d’un ange, un de mes copains d’enfance fauché par une voiture sur le vieux boulevard Lévesque, à l’âge de huit ans. Je m’en souviens comme si c’était hier. Ma mère pleurait de toutes ses larmes.

Charlotte gît à Québec, et mon vieux Sam Waddle, lui, dans l’État du Tennessee, près du hameau, dans Greene County, où est né Davy Crockett. Je ne puis être à la fois à Saint-Vincent et à Québec, ou à Saint-Vincent et dans le Tennessee, quoiqu’en pensée tout est possible. Décédé l’an passé, mon bandit de Carl Mailhot rêve aux femmes à l’orée d’un bois. Je n’en sais pas plus sur son lieu d’inhumation, mais ça ne change pas grand-chose. On ne savait jamais, de son vivant, où il était exactement.

 

LIENS À CARACTÈRE HISTORIQUE

www.youtube.com/watch?v=Y2iv_E-Fn9E
Johnny Cash / RING OF FIRE (1963)
1968. Le dernier des Mohicans. À l’arrière-plan, on reconnaît son épouse, June Carter Cash, cousine du président Jimmy Carter.

http://www.youtube.com/watch?v=exI-TYzcKd8
EVERLY BROTHERS / ALL I HAVE TO DO IS DREAM (1958)
1973. Don et Phil au bout de leur rouleau, peu de temps avant leur dramatique séparation.

Un reporter, ébloui par les harmonies, demande un jour à Don Everly :
« Répétez-vous souvent ?
– Jamais.
– Comment faites-vous ?
– On chante, bon Dieu ! »

 

THE MINSTRELS RHYTHM OF HOPE

Les visiteurs familiers avec andrepronovost.com auront remarqué le changement de raison sociale de l’organisme de bienfaisance que dirige Alain Pronovost, le frère d’André et de Jean-François.

Voici de quoi il retourne. Formé de jeunes femmes issues des bidonvilles de Manille, aux Philippines, l’ensemble vocal Kaibigan, qu’on a pu applaudir au Petit Medley le 7 mai 2005, en première partie de Cavalcade d’étoiles, relève depuis quelque temps de l’organisme The Minstrels Rhythm of Hope, Inc. Rien n’a changé, si ce n’est que les jeunes chanteuses, devenues adultes, donnent à leur tour des cours de chant et de musique. Leurs élèves, des enfants qu’elles accueillent dans leur petit centre de Manille, viennent comme elles des bidonvilles

 


 

Samedi 24 juin 2006 20 h
Aréna de Courcelles
Courcelles, Québec

CAVALCADE D’ÉTOILES
Avec la participation de France Marineau

Admission : 12 $ 15 $ 25 $ 30 $
Réservations : 418 483-5646

 

L’HYPERSEXUALISATION DES JEUNES FEMMES : DEUXIÈME PARTIE

Notre dossier sur l’hypersexualisation des jeunes femmes nous a valu un courrier abondant. Gilles, de Montréal, écrit : « Votre dossier remet en question l’idée que la révolution sexuelle est d’origine américaine et qu’elle date de la fin des années cinquante, avec Elvis Presley et Marilyn Monroe. » Kimberly-Carolane, de Mascouche : « Votre site est super instructif. Je le recommande à mes professeurs. »

Tirée des voûtes de Patrimoine Laval, la photo ci-dessous n’en dit pas moins long que la précédente sur les débuts de l’hypersexualisation des jeunes femmes et sur l’état d’esprit qui prévalait au Bord-de-l’Eau au milieu des années trente, au moment où tout le reste du Québec était plongé dans la Grande Noirceur.

La mère de votre auteur favori, jambes nues et visage empreint d’une paix troublante, quittant le port du Bord-de-l’Eau avec sa sœur (à l’aviron) et leurs deux amies. La scène frappe d’autant plus que, symboliquement, le canot sert aux rites de passage et à l’évasion du moi. Il est tout ce qui reste quand le bateau est perdu.

 

LANCEMENT DE BORD-DE-L’EAU : TEXTE DU DISCOURS D’ANDRÉ PRONOVOST
(Pour des nouvelles plus en détail du lancement, voir rubrique Bord-de-l’Eau.)

BBonsoir, mesdames et messieurs.
BC’est avec beaucoup d’émotion qu’on vous accueille ici ce soir, mes amis de Cavalcade d’étoiles et moi. Que les billets des deux représentations se soient vendus en quelques jours, et ce, sans aucun support médiatique, nous touche énormément.
BNous sommes un peu fatigués, c’est certain, mais nous allons vous donner le meilleur de nous-mêmes. Notre devise est : « Rock and roll garanti ou argent remis. »
BMerci à André Vanasse, mon éditeur. Merci à toutes les personnes qui ont rendu possibles ce lancement et ce concert. J’en profite pour vous sensibiliser à la dure réalité des nombreux auteurs talentueux, souvent très jeunes, qui n’arrivent même pas à se faire publier, tellement l’état du roman québécois est précaire, tellement les portes sont maintenues fermées par l’aristocratie littéraire et par certains journalistes.
BI say hello to the American friends here with us to-night. It is very kind of you.
BNos prières et nos chansons vont à la tante bien-aimée de Pierina, Mme Nicole Saia, décédée prématurément, mercredi. Elles vont aussi, bien sûr, à deux personnes dont le souvenir est à jamais gravé dans mon cœur : Carl Mailhot, qui nous a quittés le 20 décembre dernier, et Diane Phaneuf, que nous enterrons demain.
BJe salue notre chère maman, qui ne peut être ici ce soir mais qui pense beaucoup à
nous. Je salue enfin, avec amour et gratitude, Kimberly McArthur.
BMerci.

 

DIANE PHANEUF (1952-2006)

Photo prise par André Pronovost, vers 1982

 

CAVALCADE : DEUX NOUVELLES ÉTOILES !

Les sœurs Virginie et Juliette Pronovost (ci-dessous, respectivement à gauche et à droite) ont passé avec succès les auditions leur permettant de faire partie de Cavalcade d’étoiles.

On a pu applaudir les deux jeunes violonistes les 3 et 4 février derniers, au Petit Medley, à l’occasion du lancement de ce livre très dur qu’est Bord-de-l’Eau.

Une clause du contrat qui unit les célèbres sœurs à Johnny B. Goode Productions et à Cavalcade d’étoiles stipule que celles-ci peuvent refuser de se produire sur scène après dix heures et demie du soir quand elles ont à se lever le lendemain pour aller à l’école.


 

 

L’HYPERSEXUALISATION DES JEUNES FEMMES

On croit de plus en plus que le regrettable phénomène de l’hypersexualisation des jeunes femmes aurait pris naissance au Bord-de-l’Eau au milieu des années trente, ainsi qu’en fait foi cette photo de la mère d’André Pronovost jouant au 500 à l’argent avec sa sœur et deux de leurs amies.

De gauche à droite : Gisèle Francoeur (la future maman de votre auteur préféré), Jeanne Audette, Madeleine Francoeur et France Audette.

 

 

 

ANDRÉ PRONOVOST
Bord-de-l’Eau
XYZ ÉDITEUR

LIVRE RÉUNISSANT
Kimberly, Mère de Dieu (1997)
suivi du récit par l’auteur de sa rencontre avec son héroïne,
la Playmate de Playboy de janvier 1982, Kimberly McArthur
Que la lumière soit, et la musique fut (2004)

LANCEMENT DOUBLÉ D’UN CONCERT ROCK !
CAVALCADE D’ÉTOILES

Le Petit Medley
6206, rue Saint-Hubert
Montréal, Québec
Vendredi 3 février 2006 20 h COMPLET !
Samedi 4 février 2006 20 h COMPLET !
Admission : 25 $


LE COÛT DU BILLET D’ADMISSION COMPREND UN EXEMPLAIRE DU LIVRE !

RÉSERVEZ DÈS MAINTENANT VIA :
info@andrepronovost.com
info@xyzedit.qc.ca
Kathryn Taylor : 514 525-2170

 

CARL MAILHOT (1937-2005)

Le plus immortel de mes amis - et pourtant le premier à partir - a rendu l’âme ce matin, à Sorel, entouré de son épouse et de leurs quatre enfants.

Carl Mailhot fut le premier ange vagabond de l’histoire du Québec. Tout le monde le connaissait à la fin des années cinquante. J’exagère à peine en disant qu’il se fit expulser de tous les collèges classiques et hôtels de campagne de la province. Aux États-Unis, de nombreux shérifs ne voulaient pas le voir rôder dans leurs parages. C’était ce qu’il disait, en tout cas. Il n’était pas assez mystique pour ressembler à Jack Kerouac, mais assez cinglé pour rivaliser avec Dean Moriarty, le complice de Kerouac. J’ai adoré Carl. C’est pour l’imiter, pour faire miens sa tristesse et ses autres thèmes chers, que je me suis mis à écrire.

Il tint le rôle d’un jeune blond crâneur et décadent dans le premier film de Denys Arcand, Seul ou avec d’autres. Il publia un recueil de poèmes, Meilleur est rêvé, qu’il vendit de porte en porte, comme les poètes errants du dix-neuvième siècle. Son attachement au mot rêve lui venait à la fois de Nelligan et des pionniers du rock. Il fut le premier de mes amis à posséder une carabine et à tirer une corneille au vol. Un jour, il nous arriva avec des images pornographiques, l’une d’elles faisant voir, souriant à la caméra, une brunette en petite tenue piquant une saucisse au-dessus de ses chaudrons. Quelle époque!

Sa plus célèbre évasion fut sans doute celle où, flanqué de sa corsaire et de leurs jeunes flibustiers, il monta à l’assaut du monde. Toute sa vie, Carl demeura ce poète tourmenté qui, de temps à autre, trouvait le calme sous la tente ou au milieu des mers immenses.

Lise, ma sœur, avait quinze ans. Il l’accompagna chez des gens de la haute, un soir. Il passa un complet sombre et laqua ses cheveux blonds, et ramena ma frangine à une heure raisonnable. Il avait de belles manières, bien que ce fût un hors-la-loi.

J’ai le visage baigné de larmes.

André Pronovost,
le 20 décembre 2005

 

 

Carl, 1958


ÉLISABETH ROBITAILLE : MOZART, SCHUMANN ET MENDELSSOHN

Élisabeth Robitaille, médecin à la Cité de la Santé et amie de Cavalcade d’étoiles, vient d’enregistrer au piano des œuvres de Mozart, de Schumann et de Mendelssohn.

Les profits de la vente du CD vont à la Fondation Cité de la Santé de Laval (450 975-5347).

Élisabeth agissait comme maître de cérémonie lors du lancement de Que la lumière soit, et la musique fut, au Club Soda, en 2004.

 

 



TEXTE D’UN COURRIEL D’ANDRÉ PRONOVOST ADRESSÉ AUX PROCHES DE L’AGENTE VALÉRIE GIGNAC (valerie.gignac@ville.laval.qc.ca)

Mon nom est André Pronovost, j’habite au Bord-de-l’Eau (dans le Vieux-Saint-Vincent-de-Paul), et je suis écrivain.

Le décès de madame Gignac m’émeut d’autant plus que mes deux derniers romans mettent en scène un policier remarquable, et que leur action se situe dans cette enclave pittoresque du Vieux-Saint-Vincent-de-Paul que l’agente Gignac connaissait sûrement, le Bord-de-l’Eau.

Parents et amis de Valérie Gignac, policiers et policières de Laval, croyez à toute ma sympathie.

André Pronovost
Saint-Vincent-de-Paul


ON NE RIT PLUS

Les liens se resserrent entre Cavalcade d’étoiles et les pionniers du rock. Après Sonny Ochs (la sœur de Phil Ochs), après Bill Frady (le beau-frère de Roy Orbison), c’est au tour de Diana Sue Taylor, la cousine du pot au beurre des Everly Brothers, de visiter andrepronovost.com et de nous offrir ses amitiés.

Diana Sue vit à Bremen, dans le Kentucky, non loin du hameau où ont grandi Don et Phil. Sa mère est la sœur de Margaret Everly, la mère des Everly.


NOTE D’ANDRÉ PRONOVOST À SES AMIS, LE 25 OCTOBRE DERNIER, AU LENDEMAIN DU DÉCÈS DE ROSA PARKS

Décès hier, à l’âge de quatre-vingt-douze ans, de la militante noire Rosa Parks, évoquée avec humour et tendresse dans mon roman Que la lumière soit, et la musique fut.

Un des nombreux mythes de la culture des années soixante consiste à attribuer à John Kennedy un rôle majeur dans le mouvement de libération des Noirs américains.
La vérité est pourtant que Kennedy n’a bougé qu’en 1963, une fois projetées à travers le monde les images insoutenables des chiens de Bull Connor (le chef de police de Birmingham, en Alabama) mordant les Noirs aux fesses.

Les Blancs dont les noms suivent ont, bien avant Kennedy, encouragé les Noirs à s’exprimer : Branch Rickey, le gérant général des Dodgers de Brooklyn, qui offrit un contrat à Jackie Robinson ; ainsi qu’Elvis Presley et la plupart des pionniers (blancs) du rock.

 

 

 

PHOTOS D’ÉPOQUE

De gauche à droite et de haut en bas :
André et son père, Louis Pronovost, probablement à Saint-Vincent-de-Paul, vers 1944.
Le Rocket du Bord-de-l’Eau, 1951.
Jeune punk rêveur, Trois-Rivières, 9 avril 1950.
André et sa Colson Commander rouge, Bord-de-l’Eau, 1950.

 

 


L’INCROYABLE JULIETTE PRONOVOST

Nos bureaux ont été inondés d’appels téléphoniques et de courriels dithyrambiques à la suite de la prestation de Juliette Pronovost, au Petit Medley, le 7 mai dernier. Rappelons qu’à la surprise générale la jeune violoniste et fille cadette de Jean-François Pronovost et Pierina Saia s’est jointe à Cavalcade d’étoiles pour l’interprétation de Au bord de lac Bijou de Zachary Richard.

Désireux d’acquiescer aux demandes des admirateurs pour un gros plan de Juliette, nous avons dépêché un de nos photographes au studio des Deux-Rivières, à Saint-Stanislas.

 


 

VICTORIA VALENTINO AFFECTÉE PERSONNELLEMENT PAR LA TRAGÉDIE DE LA NOUVELLE-ORLÉANS

Ce n’est pas sans raison que Victoria Valentino a interprété City of New Orleans lors du lancement de Que la lumière soit, et la musique fut, l’an dernier, au Club Soda. S’il est une ville chère à son cœur, c’est bien La Nouvelle-Orléans. Victoria y a vécu durant de nombreuses années. Et plusieurs membres de sa famille y vivent encore… ou y vivaient jusqu’à ce que Katrina les frappe et les force à quitter leurs maisons ravagées.

Soit dit en passant, l’ancêtre des Pronovost, le coureur des bois Mathieu Rouillard, est enterré à Biloxi, au Mississippi, l’autre ville lourdement touchée par Katrina.

Donnons généreusement aux fonds d’aide aux victimes de Katrina.

 

CRYSTALYN GACHO SE RÉTABLIT

Malade de la fièvre typhoïde et hospitalisée au Montreal General durant douze jours, dont cinq à l’unité des soins intensifs, Crystalyn Gacho, du Kaibigan Vocal Ensemble, devrait bientôt rentrer chez elle, à Manille, et rejoindre les autres membres du groupe. Son état lui avait fait rater les deux derniers concerts de la tournée au Québec.

Âgée de vingt et un ans et issue des bidonvilles de Manille, Crystalyn, qui reçoit de l’aide de la Fondation Kaibigan et de quelques bienfaiteurs, termine sa deuxième année au Conservatoire de musique de l’Université Santo Tomas, à Manille, l’une des plus vieilles et plus prestigieuses universités d’Asie.

Quelle belle nouvelle !


CAVALCADE D’ÉTOILES ET KAIBIGAN VOCAL ENSEMBLE : PHOTOS DU CONCERT DU 7 MAI 2005, AU PETIT MEDLEY

 

 

 

CAVALCADE D’ÉTOILES AU PETIT MEDLEY

C’est dans un Petit Medley plein jusqu’au coin de Beaubien que Cavalcade d’étoiles s’est produit, le 7 mai dernier. Son plafond bas et sa scène grande comme un mouchoir de poche font du Petit Medley une réplique des boîtes à chansons des années soixante. Mais remplissez cette boîte jusqu’à ce que le Service des incendies vous intime l’ordre d’arrêter, ajoutez des hourras et des guitares qui hurlent, et vous voilà en plein antre rock.

Ceux et celles qui suivent Cavalcade d’étoiles sont unanimes : le groupe a offert sa meilleure prestation à vie! Le charme asiatique du Kaibigan Vocal Ensemble n’a fait qu’ajouter à cette soirée magique.

Ci-dessous, la liste des chansons interprétées par Cavalcade d’étoiles, suivie du mot de bienvenue d’André Pronovost.

Running Scared (Roy Orbison)
Cryin’ in the Rain (Everly Brothers)
That’s All Right, Mama (Elvis Presley)
American Pie (Don McLean)
Man on the Moon (R.E.M.)
Desolation Row (Bob Dylan)
Câline de blues (Offenbach)

Pagayez (Zachary Richard)
Au bord de lac Bijou (Zachary Richard)
Something (Beatles)
Here Comes the Sun (Beatles)
La Troisième (Robert Prairie)
Marie-Hélène (Sylvain Lelièvre)
Bye Bye Love (Everly Brothers)
The Promised Land (Bruce Springsteen)
Horse to Water (George Harrison)
Mustang Sally (Wilson Pickett) / I Feel Good (James Brown)
Johnny B. Goode (Chuck Berry)

Pretty Woman (Roy Orbison)
Travailler, c’est trop dur (Zachary Richard) / Au Ranch à Willy (Zachary Richard)

eeeBonsoir, mesdames et messieurs. Je suis André Pronovost.
eeeMerci de vous être déplacés pour venir nous entendre. Nous apprécions énormément.
eeeLes profits de cette soirée vont à la Fondation Kaibigan, que dirige mon frère Alain à Manille, aux Philippines. Cette fondation vient en aide aux enfants de la rue et aux habitants des bidonvilles de Manille, une des nombreuses villes du monde dont le trait fondamental est la misère humaine.
eeeLes jeunes femmes qui forment le magnifique ensemble vocal que vous allez entendre dans quelques instants sont des rescapées de Kaibigan. Elles effectuent présentement une tournée au Québec. Elles sont accompagnées au piano par Jun Ayran, et vocalement, sur quelques pièces, par Gener Alcantara. Près de la sortie, tout au cours de la soirée, vous pourrez vous procurer le CD qu’elles ont enregistré il y a quelque temps.
eeeL’ensemble vocal va commencer. Il reviendra au milieu de la deuxième partie. Entre-temps, vous verrez Cavalcade d’étoiles. C’est la première fois que nous nous produisons depuis notre fameux concert de l’an dernier, au Club Soda. Notre devise est toujours la même : « Vaut mieux se prendre pour Elvis que se prendre pour un autre. »
eeeVous êtes venus en si grand nombre que les personnes qui veulent danser vont devoir le faire sur les tables.
eeeEt merci de ne pas fumer.
eeeEn terminant, notre amour et nos prières vont à deux grandes absentes à cette soirée, pour cause de maladie : notre chère sœur Lise, et notre chère maman.
eeeEncore une fois, merci beaucoup. Et accueillons chaleureusement l’ensemble vocal Kaibigan!

 

COMPLET !
CAVALCADE D'ÉTOILES
Avec la participation spéciale du
Kaibigan Vocal Ensemble

Le Petit Medley
6206, rue Saint-Hubert
Montréal, Québec
Samedi 7 mai 2005 20 h
Admission : 15 $

RÉSERVEZ DÈS MAINTENANT VIA :

info@andrepronovost.com


DON DE 1020 $ AUX ENFANTS D’HAÏTI

André Pronovost et un groupe de ses amis ont égayé le réveillon de Noël des enfants haïtiens de Susie Krabacher, avec un don de 1020 $, soit 815 $ en espèces américaines.

Susie œuvre à Haïti depuis maintenant douze ans. La fondation qu’elle dirige, et qui donne du travail à 140 Haïtiens, offre un repas par jour et de l’eau potable à plus de deux milliers d’enfants. La fondation héberge, nourrit et soigne en outre quelque 160 nouveau-nés orphelins ou enfants handicapés physiquement ou mentalement. Elle approvisionne en manuels scolaires et en livres de bibliothèque huit écoles élémentaires. Pour ne donner qu’un exemple du climat d’enfer qui sévit là-bas : lors des émeutes de l’an passé, une vingtaine de Chimères armées ont fait main basse sur l’entrepôt de la fondation, y dérobant pour des milliers de dollars de riz, de fèves, de fournitures médicales et de couches pour bébés.

Parmi les nombreux organismes et compagnies qui supportent l’œuvre de Susie, mentionnons l’UNICEF, l’USAID, les Catholic Relief Services, et American Airlines.

Rappelons que Susie Krabacher signe la préface de Que la lumière soit, et la
musique fut
.

Ci-dessous, il y a quelques mois, notre courageuse amie devant les membres du National Press Club, à Washington, D.C., dans un discours retransmis sur les ondes de C-SPAN
et C-SPAN 2.




LE BEAU-FRÈRE DE ROY ORBISON VISITE ANDREPRONOVOST.COM

Saviez-vous que Bill Frady, le frère de Claudette Frady Orbison, la première épouse de Roy Orbison, était un ami d’andrepronovost.com? Et que chez lui, au Texas, Bill gardait précieusement une copie du vidéo du lancement-spectacle?

Claudette Frady Orbison inspira deux chansons à Roy : Claudette, popularisée par les Everly Brothers, et Pretty Woman. Dans une biographie d’Orbison intitulée Dark Star, on peut voir une photo de Claudette avec Roy, Roy DeWayne (leur premier enfant), John Lennon et Ringo Starr.

Claudette Orbison perdit la vie dans un accident de la route, le 7 juin 1966, à l’âge de vingt-cinq ans. Une couple d’années plus tard, deux des trois enfants nés de son union avec Roy mouraient dans l’incendie de la maison familiale, à Hendersonville, dans le Tennessee.

Bill Frady assista à plusieurs des grands enregistrements de Roy. Il n’a que de bons souvenirs de son regretté beau-frère.

À LA DEMANDE GÉNÉRALE : PHOTO DE L’INCROYABLE LASSIE

Lassie, la fameuse Sheltie de Kimberly, Mère de Dieu et de Que la lumière soit, et la musique fut, a réellement existé. Son maître était Johnny Mark Touchette, un ami d’André au Bord-de-l’Eau. Elle était belle et élégante, et parfois très drôle. Elle parlait presque.

Ci-dessous, sa photo. Elle avait des principes et de lourdes responsabilités, comme en fait foi son regard.





2 JUILLET 1978

Il y a eu vingt-six ans, le 2 juillet dernier, André atteignait le sommet du mont Katahdin, dans l’État du Maine, complétant du même coup sa longue randonnée à pied d’un bout à l’autre du sentier des Appalaches. Sac au dos, il avait quitté Springer Mountain, au nord d’Atlanta, quatre mois et demi plus tôt, soit le 20 février.

On sait qu’André a tiré de ce périple de 3 500 kilomètres son road novel, Appalaches.
Sur la photo de groupe ci-dessous, prise à l’aéroport de Montréal le 19 février 1978, on aperçoit André flanqué de ses parents et de ses frères, Alain à gauche et Jean-François à droite.

La photo du sac à dos a été prise dans le Tennessee, le 28 mars 1978. Notez la casserole.


 

 



14 JUIN : ANNIVERSAIRE DE LA MÈRE D’ANDRÉ!

Joyeux quatre-vingt-cinquième anniversaire à Gisèle Francoeur Pronovost, la mère de votre auteur favori - ainsi que d’Alain et de Jean-François, de Cavalcade d’étoiles! Bonheur et santé, chère madame Pronovost!

Mme Pronovost est arrivée au Bord-de-l’Eau à l’âge de huit ans. Sa famille s’installa dans la belle maison de pierre de taille du grand-papa maternel. C’est toujours là que Mme Pronovost habite.

PHOTOS (de gauche à droite et de haut en bas) :
sssGisèle, 7 ans, Sainte-Adèle, Québec.
sssPlaymate Gisèle, Bord-de-l’Eau.
sssGisèle (au centre), Bord-de-l’Eau. Look délinquant. La voiture de grand-papa, à l’arrière-plan.
sssGisèle, 19 ans, Bord-de-l’Eau. Magnifique. Photo prise par Louis Pronovost.
sssGisèle (deuxième à gauche) et son gang, Bord-de-l’Eau. Le court de tennis, à l’arrière-plan.
sssGisèle (à l’extrême droite, en élégante robe-manteau noire) et son gang, Bord-de-l’Eau.
sssGisèle (deuxième à gauche, même tenue élégante) et son gang, Bord-de-l’Eau. Notez la flûte, symbole de vigilance, au guidon du tricycle.


 

 



VICTORIA VALENTINO : LA PHOTO PROMISE !

Fidèles à notre engagement, nous publions une photo de Victoria Valentino tirée du numéro de Playboy dans lequel elle fut la « Playmate of the Month ». Notez que cette photo est marquée du sceau d’authentification de Playboy Enterprises.

La future étoile de Cavalcade porte une robe ceinturée avec bas à plis. Le maquillage des yeux évoque l’esprit trouble des années soixante. La guitare à cordes de nylon résonne d’un la mineur septième synonyme de camaraderie.


 

 

 

LETTRE D’ANDRÉ AU EVERLY BROTHERS INTERNATIONAL

À lire ci-dessous, accompagnée d’une photo des Everly Brothers prise à New York en 1962, une lettre fort intéressante envoyée par André au coordonnateur du Everly Brothers International, Martial F. Bekkers, à Amsterdam (Hollande). La lettre a été gentiment reproduite dans le magazine électronique Evzine du 17 mai dernier.

sssHello, Martial.
sssMy name is André Pronovost, and I am a French-Canadian writer. (Please excuse my defective English.)
sssI have been a fan of the Everly Brothers since the very beginning, when I was 16.
I thought that it would interest you to know that each of the four novels I published so far holds an allusion to them.
sssI have attended seven of their shows through the years, including one of their last, in Ottawa (Canada) on May 18, 2001. The one that struck me the most took place in a Province of Quebec’s decayed hotel in the Summer of 1966. The name was Hôtel Central, and it was located at the end of a street in a foggy lonesome town called Chomedey. Sort of Heartbreak Hotel. The Everlys, then out of the charts and of the heart of America, were abandoned by fans busy to raise children, and they had just started to switch from auditoriums to nightclubs. The show at the Central was in fact a two-week stand.
sssMy girl friend and I were quite happy to give loud cheers to Don and Phil, but so sad to see them watched by audiences of 12 on weekdays. Can you imagine? Charlotte and I had watched the famous Brothers on the Ed Sullivan Show, and we had seen them in person on August 21, 1962, in New York City’s Freedomland Park (see the picture below, taken by Charlotte) along with thousands of other fans. And they were now condemmed to sing before 12 Apostles in an evil-looking hotel closely watched by the local Fire Department! Unbelievable.
sssThe opening act was by a local belly-dancer, and I will always remember generous Don and Phil gently smiling behind the curtain, and clapping the girl after her dance. It was good to note such modesty, but so hard to witness such a fall from the Crest. It was the quintessence of the American cultures’s cruelty towards its heros. Sort of twin-towers collapsing 35 years before the fact. Charlotte was crying. Anyway, the boys were fantastic. They sang before 12 on weekdays with the same energy and dignity than they did before the 200 capacity crowd on weekends, or in New York City’s Freedomland Park before the thousands of fans. Tight harmonies, impeccable timing. No compromise. I don’t know if Phil will read this letter, and I don’t know if he remembers, but he got sick with a sore throat in the middle of that two-week stand, and the doctor who was called in from the nearby Chomedey Clinic happened to be my college buddy, young Pierre Leduc.
sssI don’t know who at that time were Don and Phil’s band member, but I suspect Terry Slater as one of them. They were those we can see on the top right picture contiguous to page 97 in Roger White’s excellent The Everly Brothers : Walk Right Back. Let me know, Martial, if you can identify them. Let me know, too, if you can identify the musicians on the New York’s picture. I have always thought that the hidden drummer is the 17 year-old schizophrenic Jim Gordon, who began with the Everlys and later joined such giants as Eric Clapton, John Lennon, George Harrison and Gordon Lightfoot, before killing his mother and dying in prison in California.
sssI hate myself for not having taken pictures of the Everlys at the Central. We were shy at that time, with mixed feelings towards rock and roll, and we did’nt realize that we were missing History. But I am a writer and I never gave up the idea of penning a novel based on that incredible, surrealistic, two-week journey in Chomedey. As for Charlotte, my beautiful and sensitive Everlys accomplice, she died tragicaly a few years later.
sssIn my spare time, I sing to my Gibson Everly guitar with my garage band, and we performed in front of 700 in downtown Montreal last February 7 (more than Don and Phil at the Central, for God’s sake!), for what has been the biggest book launching in all French-Canadian literature history. Our repertoire included two songs of the Everlys, Bye Bye Love and When Will I Be Loved.
sssSincerely,
sssAndré Pronovost
sssSt. Vincent de Paul (Laval), Quebec, Canada


 

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