LE 19 FÉVRIER 1978
par André Pronovost

L’année 2008 marque le trentième anniversaire de ma longue marche dans les Appalaches, de la Georgie au Maine. Le 19 février 1978, un dimanche soir sans arrière-pensée, je partais pour Atlanta par un vol d’Eastern Airlines. J’étais à un tournant de ma vie. J’avais la larme à l’œil. À Dorval, à tout hasard, je rencontrai mon cousin et homonyme André Pronovost, l’ex-attaquant des Canadiens de Montréal et des Bruins de Boston. Je fus heureux de l’entendre me dire qu’il allait penser à moi.

À Atlanta, je dormis dans un motel qui jouxtait l’aéroport, un truc à six dollars. Le lendemain, sous un ciel ensoleillé qui me parut être un présage, je fis du stop comme un jeune homme en direction d’Amicalola Falls. Sept automobilistes se relayèrent pour me conduire au terminus sud de cette piste de 3 500 kilomètres, qui remonte patiemment l’inconscient de l’Amérique. Je commençai à marcher à deux heures de l’après-midi, au terme d’une prière à la Vierge et d’un sandwich au pied d’un arbre. Je marchai comme ça, sac au dos, jusqu’au dimanche 2 juillet.

Trois décennies plus tard, je me souviens parfaitement de chaque journée sur ce sentier, où chaque pas vous rend conscient de chaque seconde du temps qui passe. Ce qui m’a le plus frappé, de retour chez moi, c’est le bruit d’enfer dans lequel nous vivons. On dira ce qu’on voudra, mais ce bruit rend inaudibles les voix d’outre-tombe. Il crée de l’interférence dans nos échanges avec Dieu.

Les photos ci-dessous (celles de la rangée du haut) datent de 1978. Je les ai prises en marchant. Aujourd’hui, mon sac à dos et ma casserole valent à eux seuls une petite fortune. Les photos du milieu, elles, ont été prises près du sentier le 3 janvier 1990, au moment où je visitais mon ami Sam Waddle, sur sa ferme du Tennessee. Je l’avais connu en 1978, justement. Il est mort en 2005. Le hasard a voulu que j’appelle chez lui le jour de ses funérailles, pour prendre de ses nouvelles. La première des deux photos du bas montre une lettre que je reçus, peu après mon retour au Bord-de-l’Eau, de l’adorable Alison Quinn. Son père, Terry Quinn, m’avait ramassé au moment où je passais une route derrière Virginia Tech, le soir du 9 avril. Sur l’autre photo, prise en 2007 : les enfants d’Alison ! Bon Dieu de bon Dieu !  

 

MON AMI GASTON MIRON
par André Pronovost

Je l’ai toujours connu. Le Gaston du Clan Saint-Jacques, dont mon père était chef. Les quelque trente routiers qui formaient cette fameuse bande venaient souvent à la maison, au Bord-de-l’Eau. Ils avaient dans les vingt ans et quadrillaient le Québec à pied, sac au dos, en chantant. Outre Gaston, il y avait Ambroise Lafortune, Jean-Paul Riopelle, Jérôme Choquette, Jacques Parizeau, Jean Vallerand. Ils arrivaient par le traversier qui reliait Montréal-Nord au Bord-de-l’Eau. Ils jetaient leurs tentes derrière la maison, ou couchaient sur le plancher du salon, l’hiver. Mon frère Alain (mon frère Jean-François n’était pas encore né), ma sœur et moi devions les enjamber, la nuit, pour aller faire pipi.

C’est beaucoup plus tard que cet homme intense et triste est devenu le fameux Miron. Lui et mon père ne se voyaient plus, bien qu’ils s’appelassent de temps en temps. Le moins qu’on puisse dire est qu’ils n’avaient pas les mêmes idées. Mais le souvenir de la route l’emportait sur l’avenir du Québec.

À l’automne de 1991, Gaston fut de la fête réunissant les anciens du Clan Saint-Jacques. Et il assista, l’année d’après, au lancement d’Appalaches, le road novel de ma longue marche, pour lequel Le Devoir m’éclaboussa de son mépris. Mais revenons à Gaston. Grande fut sa joie de se ramener au Bord-de-l’Eau. Ambroise était là. Jacques Godbout était là. Quel beau lancement ! C’était la première fois que Jacques Godbout assistait à un lancement égayé d’un feu de camp et de quelques chansons. Gaston, lui, termina la soirée dans un coin, plongé dans mon roman et jurant entre deux montagnes que celui-ci irait loin. Huit cents cinquante-sept exemplaires vendus, mesdames et messieurs ! Tirages combinés du Québec et de la France ! Go, Johnny, go !

J’ai revu Gaston Miron le 20 août 1996, chez lui. Il avait mal à l’estomac. Le 17 octobre, il m’appela de son lit d’hôpital. Moi, le Québécois le moins fervent de l’annuaire du téléphone, je fus la première personne en dehors de sa famille à qui il annonça qu’il partait pour chez Dieu et que son sac était prêt. Il mourut deux mois plus tard, le 14 décembre.

 

DÉPRESSION SAISONNIÈRE ET LUMINOTHÉRAPIE

(L’article ci-dessous reprend à quelques lignes près la réplique d’André Pronovost à un article de La Presse sur la dépression saisonnière et la luminothérapie. La Presse n’a pas publié ladite réplique.)

L’article sur la dépression saisonnière et la luminothérapie, dans La Presse d’il y a quelques jours, ne dit rien des études statistiques sur les variations saisonnières du suicide et sur sa recrudescence, partout dans le monde, quand les jours allongent. Le manque de lumière peut être dommageable, mais pas autant que l’excès de lumière. Il serait beaucoup plus juste de dire qu’on soigne à petites doses ou à doses modérées de lumière des troubles psychiques qu’on pourrait aggraver avec des doses élevées.

J’ai travaillé sur la lumière, déjà, très modestement. Je crois même avoir été le premier Québécois à le faire. J’ai montré l’importance des conditions d’éclairement dans l’agressivité liée à la défense territoriale de Xyphophorus helleri, un poisson combatif pour qui les stimuli visuels revêtent une importance capitale. Je travallais à l’UQAM, sous la direction du Dr Jacques Beaugrand.

Je me suis intéressé aux rapports unissant la lumière du soleil et les transformations physiologiques responsables de la reproduction chez l’oiseau diurne. Des études en agronomie montrent que les testicules d’un canard dont on couvre les yeux d’un bandeau ne se développent pas, même pendant la période de reproduction, et que le poids des testicules passe d’environ cinq grammes à cinquante grammes quand les yeux du canard, en plein repos sexuel hivernal, sont inondés de lumière.

On inverse la saison sexuelle des brebis en les transportant d’un hémisphère à l’autre de la Terre. Les Esquimaux, dans la région à nuit polaire prolongée, ont un développement sur le tard de la puberté. En revanche, la puberté est précoce dans les pays fortement ensoleillés. Les conséquences de l’absence de stimulation visuelle sur la vie sexuelle des aveugles sont bien connues.

On sait que la lumière facilite le travail des gonades (testicules chez l’homme et ovaires chez la femme), et qu’elle active les neurotransmissions dopaminergiques et sérotonergiques, un peu comme le fait le cannabis. On sait aussi, depuis peu, qu’elle augmente la production d’hormones masculines.

Je me suis permis de faire un rapprochement, dans le cadre d’un de mes romans, entre le thème biblique de la lumière et la lumière en tant que stimulus visuel. J’y reviens brièvement dans un roman à paraître, Plume de Fauvette. La lumière est au centre des grands symboles universels. Au commencement, selon la Genèse, Dieu dit : « Que la lumière soit », et la lumière fut. « Plus de lumière encore ! » a dit Goethe avant de mourir. Un des personnages de Steinbeck dira : « Ce n’est pas vrai que la lumière vous fait mal aux yeux. Dans le fond, vous avez peur. »

J’ai fait des rapprochements entre la tendance des humains à diminuer l’intensité de la lumière par l’abaissement des paupières et souvent même de tout le regard, à l’occasion d’un échange de coquetteries, et les séquences complexes du comportement de cour des poissons et des oiseaux. Il va sans dire que, comme psychologue, j’ai toujours pris soin de faire une distinction entre la lumière proprement dite et le nombre et l’intensité des stimuli visuels.

La dépression saisonnière est un fait. Sauf qu’il faudrait l’appeler automnale, ou hivernale, et ne pas laisser les gens sous l’impression que les beaux jours sont sans conséquence.

L’environnement d’aujourd’hui, lourd de stimuli visuels, dilate comme jamais nos pupilles. Il n’a rien à voir avec l’environnement en noir et blanc de nos grands-parents, et il n’est peut-être pas étranger au phénomène de la puberté précoce, ni au trouble du déficit de l’attention. En taisant ce que les jours longs induisent, non seulement on crée une moitié de science, mais on prive le public et la communauté scientifique d’une réflexion captivante sur la lumière.   


SUSIE SCOTT KRABACHER

La belle Susan, qui a préfacé Que la lumière soit, et la musique fut, vient de publier un livre dans lequel elle raconte le cheminement qui l'a menée de Chicago à Cité Soleil ou, si vous préférez, du dépliant central du Playboy au dévouement humanitaire. Ces dernières années, son travail a été salué par Oprah Winfrey, ainsi que dans People, Marie Claire, le Wall Street Journal, le Los Angeles Times et le Chicago Tribune.

Susan n’a pas de bien bons mots pour Hef, le fameux Hugh Hefner. Elle parle de sa drôle de bouche, « semblable à une caverne ». Le livre est publié chez Simon & Schuster (New York, Londres, Toronto, Sydney).   

 

JEAN-FRANÇOIS PRONOVOST ET LA SOCIÉTÉ NATIONAL GEOGRAPHIC

Un autre honneur, et pas le moindre, échoit à Jean-François Pronovost (de Cavalcade d’étoiles) et à son équipe de Vélo Québec Association : Journeys of a Lifetime, une publication de la National Geographic Society, vient d’accorder à la Route verte la première place dans la catégorie des 10 meilleures routes cyclables du monde.

 

L’AFFAIRE COFFIN : UNE SUPERCHERIE ?

Pas l’ombre d’un doute : ce fascinant docu-roman porte un dur coup à la thèse de Jacques Hébert. Il résume les 2 250 pages de transcriptions sténographiques et de procédures du procès de Wilbert Coffin, à Percé, en 1954. Loin des ragots, il s’en tient aux faits mis en preuve devant la Cour du banc de la reine.

L’auteur, Clément Fortin, a été directeur de l’École du Barreau et professeur à la faculté de droit de l’Université de Sherbrooke. Comme André Pronovost, il est membre de l’Association des auteurs des Laurentides. Le livre est publié chez Wilson & Lafleur, à Montréal.

Me Fortin héberge un blogue : http://fortinclement.blogspot.com/

 

DE LA BELLE VISITE !

Deux récents visiteurs à andrepronovost.com : Christopher Rollason et Eddie Hodges.

Christopher Rollason détient un doctorat en littérature anglaise de York University, en Angleterre. Il écrit sur Jorge Luis Borges. C’est aussi un spécialiste de l’œuvre de Bob Dylan. Il est marié et vit en France.

Enfant prodigue, Eddie Hodges tint le rôle principal dans The Adventures of Huckleberry Finn. Il joua également dans A Hole in the Head, avec Frank Sinatra. Henry Fonda, Peter Lawford, Elvis Presley, Burl Ives, Jackie DeShannon, Carolyn Jones et Deborah Walley comptent parmi les personnes autres que Sinatra avec lesquelles il a tourné. À 14 ans, sa chanson I’m Gonna Knock on Your Door atteignit la douzième place du palmarès américain. Au début de la vingtaine, libéré de l’armée et en complet désaccord avec les valeurs de Hollywood, Eddie fit ses malles et rentra chez lui, dans le vieux Mississippi. Il gradua quelques années plus tard de l’Université Southern Mississippi. Aujourd’hui, il travaille en santé mentale, chante du blues et écrit.

     

DRAME SUR L’APPALACHIAN TRAIL
par André Pronovost

Robin Johnston vit à Nashville, dans l’État du Tennessee. Cette amie de longue date s’est tapée le sentier des Appalaches, de la Georgie au Maine, en 2001. Randonnée mémorable, en solo, qu’elle effectua pour s’affranchir d’un souvenir.

Le 15 juin 1978, en Caroline du Nord, dans le cadre d’une marche de deux semaines sur ce sentier que j’étais à parcourir d’un bout à l’autre, Robin et trois amies de classe âgées de 16 et de 17 ans étaient attaquées et violées à répétition par cinq voyous montés d’une bourgade des environs, Bitter End. Armés de couteaux et d’un revolver, ceux-ci prirent d’assaut le bivouac des jeunes femmes, en bordure de la piste, sur une colline autrement paisible que j’avais foulée deux mois et demi plus tôt, et dont j’ai encore un parfait souvenir.

Leurs agresseurs ivres morts, elles réussirent à prendre la fuite aux petites heures du matin. Elles coururent sur la piste comme des chèvres affolées, direction nord et Tennessee, jusqu’au lendemain. Elles atteignirent alors une route, et appelèrent la police. La chasse à l’homme qui s’ensuivit se poursuivit jusqu’au Texas et jusque dans l’Indiana. Les cinq gibiers de potence, âgés de 22 à 44 ans, furent arrêtés, traduits en justice et jetés en prison.

Débuta alors, pour Robin et ses trois copines, le quasi impossible rapiéçage du cœur.

 

SEPT NOUVELLES PHOTOS D'ÉPOQUE

De gauche à droite et de haut en bas :
André, 1944, Val-Morin, Québec. L’importance du père.
Arthur Rimbaud : « Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées ! »
La Pontiac Chieftain 1954 d'André. Photo prise en 1990.
André, 18 ans. Notez la ressemblance avec Ricky Nelson.
Gisèle F. Pronovost, 37 ans, Miami, février 1954.
Lise Pronovost dans les bras d’Ambroise Lafortune, Bord-de-l’Eau, 1947.
Jean-François Pronovost, Bord-de-l’Eau, 1967.

 

ENTREVUE À LECTEURS.CA

Il y a quelques mois, André Pronovost accordait une entrevue au site littéraire Lecteurs.ca.

Lisez cette entrevue à : http://www.lecteurs.ca/interview/show/18

 

AUTRE ENTREVUE : CENSURÉE, CELLE-LÀ !

L’entrevue ci-dessous n’a pas passé, elle. Le site littéraire auquel André l’a accordée
a refusé de la publier, arguant que les réponses données n’étaient pas « dans l’esprit du
site ». « Loin de nous de vous censurer, monsieur Pronovost, mais vos réponses sortent
du contexte littéraire québécois. »

On a demandé à André de revoir ses réponses « en tenant compte de l’esprit du site ». Mais André avait déjà perdu l’esprit.

Pensez-vous que les écrivains ont une responsabilité sociale ?
Le maçon a une responsabilité sociale. Le vendeur de chaussures a une responsabilité sociale. Vous avez une responsabilité sociale, chère madame, et j’en ai une. Je suis de ceux qui pensent que la littérature n’existe qu’en fonction de ce qui la dépasse, que ce soit la fraternité humaine ou la charité chrétienne.

La solidarité entre écrivains existe-t-elle ?
Il y a toutes sortes d’écrivains. Il y en a même qui ne savent pas écrire. Les écrivains visages-pâles et les écrivains peaux-rouges, comme Kerouac les appelle, ont peu de choses en commun. Je disais récemment à un jeune peau-rouge : « Ménage le sexe dans tes romans. C’est tellement à la mode que tu risques de basculer dans le camp des visages-pâles. » On n’est plus à l’époque de Henry Miller et des premières Playmates de Playboy. Le sexe, à ce moment-là, avait une signification politique. Il renvoyait à la rébellion. Aujourd’hui, il nourrit le conformisme et le système capitaliste. Les auteurs qui l’exploitent manquent pour le moins d’imagination.

Que répondez-vous à un jeune qui vous dit qu’il aimerait devenir écrivain ?
Justement, j’insisterais pour savoir s’il compte adhérer aux visages-pâles ou aux
peaux-rouges. Je dirais ensuite à ce peau-rouge : « Vas-y, mon gosse, des hommes comme toi, il ne s’en fait plus. »

Avez-vous un site Web ?
Oui, oui, oui. C’est aussi le site de mon groupe rock, Cavalcade d’étoiles. Les personnes qui assistent à nos concerts voient leur vie transformée. Certaines d’entre elles guérissent complètement. Dernièrement, à Montréal, dans le cadre du Festival international de la littérature, une rencontre intitulée « Littérature et rock » réunissait quelques auteurs d’ici épris de rock. Les savants organisateurs de l’événement n’ont pas daigné inviter le King des lettres québécoises. Je leur ai écris pour protester, et surtout pour rire d’eux. Ils ne m’ont pas répondu.

Est-il une cause qui vous tient à cœur ?
L’honnêteté intellectuelle, parmi tant d’autres. Prenez le thème de la Grande Noirceur, auquel s’abreuvent tant de Québécois. Ce thème rejoint celui du bouc émissaire, à propos duquel Jung écrit : « Quel soulagement pour la conscience morale ! Quelle satisfaction que de clouer le fauteur de troubles au pilori ! On peut désormais proclamer bien haut qui est le responsable, ce qui souligne l’origine extérieure du désastre, et met l’attitude personnelle à l’abri de toute suspicion. » L’Église n’a jamais eu le monopole de la Grande Noirceur. Bell balançait ses vieux équipements dans le Saint-Laurent. À la prison de Bordeaux, sur le boulevard Gouin, on pendait des hommes et des femmes qui s’en tireraient aujourd’hui avec douze mois de travaux communautaires. J’exagère à peine. Il faut comprendre que l’Église s’exprimait avec le langage et le raisonnement d'alors. Je suis convaincu qu’en matière de morale sexuelle les temps vont lui donner raison.

À la maison, quand j’étais petit, mon père recevait ses amis : Ambroise Lafortune, qui nous a tant émerveillés, et tant fait rire, et qui modifiait le bénédicité en disant bien humblement : « … donnez du pain et de l’esprit à ceux qui n’en ont pas » ; l’extraordinaire saint prêtre qu’était Robert E. Llewellyn, aumônier des étudiants de l’Université de Montréal ; Gérard Pelletier et quelques autres intellectuels vivifiants ou fiers routiers du clan Saint-Jacques. Ce catholique visionnaire qu’était mon père avait pour autre grand ami un pasteur anglican, Allan Barker. C’est vrai que Sœur Louise-Thérèse, mon institutrice en première année, me faisait peur. Mais elle était jeune, avec un beau visage, et semblait amoureuse de moi. J’ai su, des années plus tard, qu’il s’agissait d’une Pronovost et d’une lointaine cousine à nous.

La Grande Noirceur ? Mon grand-papa, Georges Pronovost, un des hommes les plus forts de la Mauricie, cultivateur à Saint-Tite puis policier aux Trois-Rivières, enseigna à ses enfants que les Noirs des États-Unis étaient des êtres courageux et admirables. Comme policier, il n’hésitait jamais, chaque fois qu’il pouvait, à conduire chez lui plutôt qu’en taule le malcommode malheureux qu’il venait d’arrêter. Mon oncle Léon, Léon Pronovost ? Une fois, deux gunmen pointent sur la banque où il est venu faire changer son chèque. Il leur a sauté dessus, comme dans les films de cow-boys. Je doute que l’emprise de l’Église ait été plus forte que celle qu’exercent sur le Québec d’aujourd’hui les agences de publicité, les médias et les anti-dépresseurs.

Je ne crois pas qu’il faille chercher midi à quatorze heures pour expliquer la dégradation du discours et des attitudes dont parlait récemment, dans Le Devoir, Denise Bombardier. Ce balayage des conventions sociales et éthiques n’exprime rien d’autre que l’angoisse profonde qui baigne notre temps. Même qu’il dénote des tendances suicidaires. Le corollaire de cela est facile à démontrer : les personnes qui, comme saint Paul ou Dostoïevski, bravent les tempêtes de leurs mers intérieures, les attaques répétées de leurs propres requins, ne s’amusent pas à des sottises ni ne tournent la sexualité humaine en dérision, sachant tout ce qu’elle est. Non plus qu’elles ne se complaisent dans une fausse rébellion ou dans ce baratin à la mode, l’art de parler pour ne rien dire, qu’évoquait il y a quelque temps, toujours dans Le Devoir, un sociologue dont j’oublie le nom.

Nous vivons une époque férocement mensongère et beaucoup plus crédule qu’on ne veut bien l’admettre. L’aspect le plus intéressant d’une émission comme Tout le monde en parle est qu’elle n’est pas ce qu’elle croit être. Sa popularité tient largement à ses qualités bourgeoises et, disons-le bien tristement, à l’attrait de nos gens pour le bitchage. Je ne sais d’où vient ce mot, dans sa forme francisée. Ce qu’on n’a pu toutefois manquer, c’est la complaisance avec laquelle des journalistes de La Presse, souvent des femmes, l’ont popularisé. On ne peut pas dire que celui qui bitche impressionne par sa bravoure. On le voit mal, par exemple, bitchant un joueur du Canadien. Ce roublard déguisé en non-conformiste puise aux sources mêmes la démagogie et de la rectitude politique. Le bitchage traduit non seulement de la méchanceté, donc de l’immoralité, mais une déviation pour le moins inquiétante de la virilité. Un homme ne se livre pas au bitchage, tout simplement. Il laisse ça aux fillettes.

Je m’intéresse aussi, depuis quelque temps, à la révision du dossier entourant le verdict de culpabilité contre le Gaspésien Wilbert Coffin. Je ne suis pas convaincu de la culpabilité de cet homme. Ni de sa totale innocence. J’ai milité contre la peine de mort dans les années qui ont suivi son exécution.

Cela dit, madame, je suis à écrire un roman dont le thème dominant est la dégradation de l’environnement. Ça s’appelle Plume de Fauvette. Un vieil érable est abattu. Le Bord-de-l’Eau, furieux, se sépare de Laval et, tant qu’à y être, de la Terre. Ça va être mon meilleur livre, et mon plus joyeux.

Quels écrivains admirez-vous ?
John Steinbeck. Sentier Lumineux. Kimberly McArthur. J’ai pleuré quand Steinbeck est mort, en 1968. Il écrit des histoires qu’on comprend. Ce sont les plus difficiles à écrire. C’était un rebelle et un grand humaniste. Les chroniqueurs littéraires du temps, souvent des bien pensants de la côte Est américaine, le toisaient. Ils ne comprenaient pas qu’un homme de son rang et de sa culture pût s’intéresser à des vagabonds.

Pour terminer, avez-vous une lecture à nous suggérer ?
La Bible ne fait pas de tort à personne. En tout cas, elle est d’un français nettement supérieur à celui des documents du ministère de l’Éducation du Québec.

Une autre lecture enrichissante : les inscriptions tombales. Beau temps, mauvais temps, je passe le coup de minuit du jour de l’An au cimetière de Saint-Vincent-de-Paul. Mon vieux papa est le premier à recevoir ma visite. Armé de ma torche électrique, comme sur la piste des Appalaches la nuit, je fais le tour de la parenté, des amis. Il m’arrive de m’arrêter devant la pierre d’un vague copain que je sais être mort à l'asile, s’être suicidé ou, comme James Dean ou Ritchie Valens, avoir péri en pleine jeunesse, dans un accident. Cette année, bien sûr, je suis passé voir la belle Diane, l’épouse d’un de mes amis. J’étais à leur mariage, en 1976. J’ai vu naître leurs trois enfants. On a porté Diane en terre le jour même du lancement de mon dernier livre, en février 2006.

Le cimetière de Saint-Vincent-de-Paul est à quelques kilomètres de chez moi. Mon père y dort depuis 2003. J’ai beau aimer pleinement la vie, j’ai hâte d’aller le retrouver. Il chantait beaucoup. Il construisait des maisons d’oiseaux. Je le soupçonne d’avoir vu venir la crise écologique et d’ennui mortel qui affecte notre époque. De là, je pense, sa piété et son attachement aux richesses immatérielles. Les futurologues des année soixante, mis à part les auteurs mystiques du Matin des magiciens, n’ont rien vu venir du merdier dans lequel nous nous enfonçons un peu plus chaque jour, comme des imbéciles.

Il y a toujours du monde au cimetière de Saint-Vincent-de-Paul, la nuit du jour de l’An. On y vient seul ou en famille. On allume des cierges, qu’on plante dans la neige, à l’abri du vent ou du souffle du démon. Décédé l’été dernier, mon oncle Gerry aura quand même pu admirer ma toute dernière acquisition, une vieille Buick. Il aimait les belles voitures. Il sommeille aux côtés de son fils aîné, un dingo du calibre des amis de Kerouac. Mon beau-frère et son fils dorment eux aussi côte à côte. Grand-maman Jeannette brodait des rideaux qui auraient pu orner les fenêtres de la résidence d’un chef d’État. De sa pierre tombale, on remonte vers celle d’un ange, un de mes copains d’enfance fauché par une voiture sur le vieux boulevard Lévesque, à l’âge de huit ans. Je m’en souviens comme si c’était hier. Ma mère pleurait de toutes ses larmes.

Charlotte gît à Québec, et mon vieux Sam Waddle, lui, dans l’État du Tennessee, près du hameau, dans Greene County, où est né Davy Crockett. Je ne puis être à la fois à Saint-Vincent et à Québec, ou à Saint-Vincent et dans le Tennessee, quoiqu’en pensée tout est possible. Décédé l’an passé, mon bandit de Carl Mailhot rêve aux femmes à l’orée d’un bois. Je n’en sais pas plus sur son lieu d’inhumation, mais ça ne change pas grand-chose. On ne savait jamais, de son vivant, où il était exactement.

 

LIENS À CARACTÈRE HISTORIQUE

www.youtube.com/watch?v=Y2iv_E-Fn9E
Johnny Cash / RING OF FIRE (1963)
1968. Le dernier des Mohicans. À l’arrière-plan, on reconnaît son épouse, June Carter Cash, cousine du président Jimmy Carter.

http://www.youtube.com/watch?v=3Oh11mNX9ns
EVERLY BROTHERS / ALL I HAVE TO DO IS DREAM (1958)
1973. Don et Phil au bout de leur rouleau, peu de temps avant leur dramatique séparation.

Un reporter, ébloui par les harmonies, demande un jour à Don Everly :
« Répétez-vous souvent ?
– Jamais.
– Comment faites-vous ?
– On chante, bon Dieu ! »

 

THE MINSTRELS RHYTHM OF HOPE

Les visiteurs familiers avec andrepronovost.com auront remarqué le changement de raison sociale de l’organisme de bienfaisance que dirige Alain Pronovost, le frère d’André et de Jean-François.

Voici de quoi il retourne. Formé de jeunes femmes issues des bidonvilles de Manille, aux Philippines, l’ensemble vocal Kaibigan, qu’on a pu applaudir au Petit Medley le 7 mai 2005, en première partie de Cavalcade d’étoiles, relève depuis quelque temps de l’organisme The Minstrels Rhythm of Hope, Inc. Rien n’a changé, si ce n’est que les jeunes chanteuses, devenues adultes, donnent à leur tour des cours de chant et de musique. Leurs élèves, des enfants qu’elles accueillent dans leur petit centre de Manille, viennent comme elles des bidonvilles


Samedi 24 juin 2006 20 h
Aréna de Courcelles
Courcelles, Québec

CAVALCADE D’ÉTOILES
Avec la participation de France Marineau

Admission : 12 $ 15 $ 25 $ 30 $
Réservations : 418 483-5646

 

L’HYPERSEXUALISATION DES JEUNES FEMMES : DEUXIÈME PARTIE

Notre dossier sur l’hypersexualisation des jeunes femmes nous a valu un courrier abondant. Gilles, de Montréal, écrit : « Votre dossier remet en question l’idée que la révolution sexuelle est d’origine américaine et qu’elle date de la fin des années cinquante, avec Elvis Presley et Marilyn Monroe. » Kimberly-Carolane, de Mascouche : « Votre site est super instructif. Je le recommande à mes professeurs. »

Tirée des voûtes de Patrimoine Laval, la photo ci-dessous n’en dit pas moins long que la précédente sur les débuts de l’hypersexualisation des jeunes femmes et sur l’état d’esprit qui prévalait au Bord-de-l’Eau au milieu des années trente, au moment où tout le reste du Québec était plongé dans la Grande Noirceur.

La mère de votre auteur favori, jambes nues et visage empreint d’une paix troublante, quittant le port du Bord-de-l’Eau avec sa sœur (à l’aviron) et leurs deux amies. La scène frappe d’autant plus que, symboliquement, le canot sert aux rites de passage et à l’évasion du moi. Il est tout ce qui reste quand le bateau est perdu.

 

LANCEMENT DE BORD-DE-L’EAU : TEXTE DU DISCOURS D’ANDRÉ PRONOVOST
(Pour des nouvelles plus en détail du lancement, voir rubrique Bord-de-l’Eau.)

BBonsoir, mesdames et messieurs.
BC’est avec beaucoup d’émotion qu’on vous accueille ici ce soir, mes amis de Cavalcade d’étoiles et moi. Que les billets des deux représentations se soient vendus en quelques jours, et ce, sans aucun support médiatique, nous touche énormément.
BNous sommes un peu fatigués, c’est certain, mais nous allons vous donner le meilleur de nous-mêmes. Notre devise est : « Rock and roll garanti ou argent remis. »
BMerci à André Vanasse, mon éditeur. Merci à toutes les personnes qui ont rendu possibles ce lancement et ce concert. J’en profite pour vous sensibiliser à la dure réalité des nombreux auteurs talentueux, souvent très jeunes, qui n’arrivent même pas à se faire publier, tellement l’état du roman québécois est précaire, tellement les portes sont maintenues fermées par l’aristocratie littéraire et par certains journalistes.
BI say hello to the American friends here with us to-night. It is very kind of you.
BNos prières et nos chansons vont à la tante bien-aimée de Pierina, Mme Nicole Saia, décédée prématurément, mercredi. Elles vont aussi, bien sûr, à deux personnes dont le souvenir est à jamais gravé dans mon cœur : Carl Mailhot, qui nous a quittés le 20 décembre dernier, et Diane Phaneuf, que nous enterrons demain.
BJe salue notre chère maman, qui ne peut être ici ce soir mais qui pense beaucoup à
nous. Je salue enfin, avec amour et gratitude, Kimberly McArthur.
BMerci.

 

DIANE PHANEUF (1952-2006)

Photo prise par André Pronovost, vers 1982

 

CAVALCADE : DEUX NOUVELLES ÉTOILES !

Les sœurs Virginie et Juliette Pronovost (ci-dessous, respectivement à gauche et à droite) ont passé avec succès les auditions leur permettant de faire partie de Cavalcade d’étoiles.

On a pu applaudir les deux jeunes violonistes les 3 et 4 février derniers, au Petit Medley, à l’occasion du lancement de ce livre très dur qu’est Bord-de-l’Eau.

Une clause du contrat qui unit les célèbres sœurs à Johnny B. Goode Productions et à Cavalcade d’étoiles stipule que celles-ci peuvent refuser de se produire sur scène après dix heures et demie du soir quand elles ont à se lever le lendemain pour aller à l’école.


 

L’HYPERSEXUALISATION DES JEUNES FEMMES

On croit de plus en plus que le regrettable phénomène de l’hypersexualisation des jeunes femmes aurait pris naissance au Bord-de-l’Eau au milieu des années trente, ainsi qu’en fait foi cette photo de la mère d’André Pronovost jouant au 500 à l’argent avec sa sœur et deux de leurs amies.

De gauche à droite : Gisèle Francoeur (la future maman de votre auteur préféré), Jeanne Audette, Madeleine Francoeur et France Audette.

 

ANDRÉ PRONOVOST
Bord-de-l’Eau
XYZ ÉDITEUR

LIVRE RÉUNISSANT
Kimberly, Mère de Dieu (1997)
suivi du récit par l’auteur de sa rencontre avec son héroïne,
la Playmate de Playboy de janvier 1982, Kimberly McArthur
Que la lumière soit, et la musique fut (2004)

LANCEMENT DOUBLÉ D’UN CONCERT ROCK !
CAVALCADE D’ÉTOILES

Le Petit Medley
6206, rue Saint-Hubert
Montréal, Québec
Vendredi 3 février 2006 20 h COMPLET !
Samedi 4 février 2006 20 h COMPLET !
Admission : 25 $


LE COÛT DU BILLET D’ADMISSION COMPREND UN EXEMPLAIRE DU LIVRE !

RÉSERVEZ DÈS MAINTENANT VIA :
info@andrepronovost.com
info@xyzedit.qc.ca
Kathryn Taylor : 514 525-2170

 

CARL MAILHOT (1937-2005)

Le plus immortel de mes amis - et pourtant le premier à partir - a rendu l’âme ce matin, à Sorel, entouré de son épouse et de leurs quatre enfants.

Carl Mailhot fut le premier ange vagabond de l’histoire du Québec. Tout le monde le connaissait à la fin des années cinquante. J’exagère à peine en disant qu’il se fit expulser de tous les collèges classiques et hôtels de campagne de la province. Aux États-Unis, de nombreux shérifs ne voulaient pas le voir rôder dans leurs parages. C’était ce qu’il disait, en tout cas. Il n’était pas assez mystique pour ressembler à Jack Kerouac, mais assez cinglé pour rivaliser avec Dean Moriarty, le complice de Kerouac. J’ai adoré Carl. C’est pour l’imiter, pour faire miens sa tristesse et ses autres thèmes chers, que je me suis mis à écrire.

Il tint le rôle d’un jeune blond crâneur et décadent dans le premier film de Denys Arcand, Seul ou avec d’autres. Il publia un recueil de poèmes, Meilleur est rêvé, qu’il vendit de porte en porte, comme les poètes errants du dix-neuvième siècle. Son attachement au mot rêve lui venait à la fois de Nelligan et des pionniers du rock. Il fut le premier de mes amis à posséder une carabine et à tirer une corneille au vol. Un jour, il nous arriva avec des images pornographiques, l’une d’elles faisant voir, souriant à la caméra, une brunette en petite tenue piquant une saucisse au-dessus de ses chaudrons. Quelle époque!

Sa plus célèbre évasion fut sans doute celle où, flanqué de sa corsaire et de leurs jeunes flibustiers, il monta à l’assaut du monde. Toute sa vie, Carl demeura ce poète tourmenté qui, de temps à autre, trouvait le calme sous la tente ou au milieu des mers immenses.

Lise, ma sœur, avait quinze ans. Il l’accompagna chez des gens de la haute, un soir. Il passa un complet sombre et laqua ses cheveux blonds, et ramena ma frangine à une heure raisonnable. Il avait de belles manières, bien que ce fût un hors-la-loi.

J’ai le visage baigné de larmes.

André Pronovost,
le 20 décembre 2005

Carl, 1958


ÉLISABETH ROBITAILLE : MOZART, SCHUMANN ET MENDELSSOHN

Élisabeth Robitaille, médecin à la Cité de la Santé et amie de Cavalcade d’étoiles, vient d’enregistrer au piano des œuvres de Mozart, de Schumann et de Mendelssohn.

Les profits de la vente du CD vont à la Fondation Cité de la Santé de Laval (450 975-5347).

Élisabeth agissait comme maître de cérémonie lors du lancement de Que la lumière soit, et la musique fut, au Club Soda, en 2004.



TEXTE D’UN COURRIEL D’ANDRÉ PRONOVOST ADRESSÉ AUX PROCHES DE L’AGENTE VALÉRIE GIGNAC (valerie.gignac@ville.laval.qc.ca)

Mon nom est André Pronovost, j’habite au Bord-de-l’Eau (dans le Vieux-Saint-Vincent-de-Paul), et je suis écrivain.

Le décès de madame Gignac m’émeut d’autant plus que mes deux derniers romans mettent en scène un policier remarquable, et que leur action se situe dans cette enclave pittoresque du Vieux-Saint-Vincent-de-Paul que l’agente Gignac connaissait sûrement, le Bord-de-l’Eau.

Parents et amis de Valérie Gignac, policiers et policières de Laval, croyez à toute ma sympathie.

André Pronovost
Saint-Vincent-de-Paul


ON NE RIT PLUS

Les liens se resserrent entre Cavalcade d’étoiles et les pionniers du rock. Après Sonny Ochs (la sœur de Phil Ochs), après Bill Frady (le beau-frère de Roy Orbison), c’est au tour de Diana Sue Taylor, la cousine du pot au beurre des Everly Brothers, de visiter andrepronovost.com et de nous offrir ses amitiés.

Diana Sue vit à Bremen, dans le Kentucky, non loin du hameau où ont grandi Don et Phil. Sa mère est la sœur de Margaret Everly, la mère des Everly.


NOTE D’ANDRÉ PRONOVOST À SES AMIS, LE 25 OCTOBRE DERNIER, AU LENDEMAIN DU DÉCÈS DE ROSA PARKS

Décès hier, à l’âge de quatre-vingt-douze ans, de la militante noire Rosa Parks, évoquée avec humour et tendresse dans mon roman Que la lumière soit, et la musique fut.

Un des nombreux mythes de la culture des années soixante consiste à attribuer à John Kennedy un rôle majeur dans le mouvement de libération des Noirs américains.
La vérité est pourtant que Kennedy n’a bougé qu’en 1963, une fois projetées à travers le monde les images insoutenables des chiens de Bull Connor (le chef de police de Birmingham, en Alabama) mordant les Noirs aux fesses.

Les Blancs dont les noms suivent ont, bien avant Kennedy, encouragé les Noirs à s’exprimer : Branch Rickey, le gérant général des Dodgers de Brooklyn, qui offrit un contrat à Jackie Robinson ; ainsi qu’Elvis Presley et la plupart des pionniers (blancs) du rock.

 

PHOTOS D’ÉPOQUE

De gauche à droite et de haut en bas :
André et son père, Louis Pronovost, probablement à Saint-Vincent-de-Paul, vers 1944.
Le Rocket du Bord-de-l’Eau, 1951.
Jeune punk rêveur, Trois-Rivières, 9 avril 1950.
André et sa Colson Commander rouge, Bord-de-l’Eau, 1950.


L’INCROYABLE JULIETTE PRONOVOST

Nos bureaux ont été inondés d’appels téléphoniques et de courriels dithyrambiques à la suite de la prestation de Juliette Pronovost, au Petit Medley, le 7 mai dernier. Rappelons qu’à la surprise générale la jeune violoniste et fille cadette de Jean-François Pronovost et Pierina Saia s’est jointe à Cavalcade d’étoiles pour l’interprétation de Au bord de lac Bijou de Zachary Richard.

Désireux d’acquiescer aux demandes des admirateurs pour un gros plan de Juliette, nous avons dépêché un de nos photographes au studio des Deux-Rivières, à Saint-Stanislas.


 

VICTORIA VALENTINO AFFECTÉE PERSONNELLEMENT PAR LA TRAGÉDIE DE LA NOUVELLE-ORLÉANS

Ce n’est pas sans raison que Victoria Valentino a interprété City of New Orleans lors du lancement de Que la lumière soit, et la musique fut, l’an dernier, au Club Soda. S’il est une ville chère à son cœur, c’est bien La Nouvelle-Orléans. Victoria y a vécu durant de nombreuses années. Et plusieurs membres de sa famille y vivent encore… ou y vivaient jusqu’à ce que Katrina les frappe et les force à quitter leurs maisons ravagées.

Soit dit en passant, l’ancêtre des Pronovost, le coureur des bois Mathieu Rouillard, est enterré à Biloxi, au Mississippi, l’autre ville lourdement touchée par Katrina.

Donnons généreusement aux fonds d’aide aux victimes de Katrina.

 

CRYSTALYN GACHO SE RÉTABLIT

Malade de la fièvre typhoïde et hospitalisée au Montreal General durant douze jours, dont cinq à l’unité des soins intensifs, Crystalyn Gacho, du Kaibigan Vocal Ensemble, devrait bientôt rentrer chez elle, à Manille, et rejoindre les autres membres du groupe. Son état lui avait fait rater les deux derniers concerts de la tournée au Québec.

Âgée de vingt et un ans et issue des bidonvilles de Manille, Crystalyn, qui reçoit de l’aide de la Fondation Kaibigan et de quelques bienfaiteurs, termine sa deuxième année au Conservatoire de musique de l’Université Santo Tomas, à Manille, l’une des plus vieilles et plus prestigieuses universités d’Asie.

Quelle belle nouvelle !


CAVALCADE D’ÉTOILES ET KAIBIGAN VOCAL ENSEMBLE : PHOTOS DU CONCERT DU 7 MAI 2005, AU PETIT MEDLEY

 

CAVALCADE D’ÉTOILES AU PETIT MEDLEY

C’est dans un Petit Medley plein jusqu’au coin de Beaubien que Cavalcade d’étoiles s’est produit, le 7 mai dernier. Son plafond bas et sa scène grande comme un mouchoir de poche font du Petit Medley une réplique des boîtes à chansons des années soixante. Mais remplissez cette boîte jusqu’à ce que le Service des incendies vous intime l’ordre d’arrêter, ajoutez des hourras et des guitares qui hurlent, et vous voilà en plein antre rock.

Ceux et celles qui suivent Cavalcade d’étoiles sont unanimes : le groupe a offert sa meilleure prestation à vie! Le charme asiatique du Kaibigan Vocal Ensemble n’a fait qu’ajouter à cette soirée magique.

Ci-dessous, la liste des chansons interprétées par Cavalcade d’étoiles, suivie du mot de bienvenue d’André Pronovost.

Running Scared (Roy Orbison)
Cryin’ in the Rain (Everly Brothers)
That’s All Right, Mama (Elvis Presley)
American Pie (Don McLean)
Man on the Moon (R.E.M.)
Desolation Row (Bob Dylan)
Câline de blues (Offenbach)

Pagayez (Zachary Richard)
Au bord de lac Bijou (Zachary Richard)
Something (Beatles)
Here Comes the Sun (Beatles)
La Troisième (Robert Prairie)
Marie-Hélène (Sylvain Lelièvre)
Bye Bye Love (Everly Brothers)
The Promised Land (Bruce Springsteen)
Horse to Water (George Harrison)
Mustang Sally (Wilson Pickett) / I Feel Good (James Brown)
Johnny B. Goode (Chuck Berry)

Pretty Woman (Roy Orbison)
Travailler, c’est trop dur (Zachary Richard) / Au Ranch à Willy (Zachary Richard)

eeeBonsoir, mesdames et messieurs. Je suis André Pronovost.
eeeMerci de vous être déplacés pour venir nous entendre. Nous apprécions énormément.
eeeLes profits de cette soirée vont à la Fondation Kaibigan, que dirige mon frère Alain à Manille, aux Philippines. Cette fondation vient en aide aux enfants de la rue et aux habitants des bidonvilles de Manille, une des nombreuses villes du monde dont le trait fondamental est la misère humaine.
eeeLes jeunes femmes qui forment le magnifique ensemble vocal que vous allez entendre dans quelques instants sont des rescapées de Kaibigan. Elles effectuent présentement une tournée au Québec. Elles sont accompagnées au piano par Jun Ayran, et vocalement, sur quelques pièces, par Gener Alcantara. Près de la sortie, tout au cours de la soirée, vous pourrez vous procurer le CD qu’elles ont enregistré il y a quelque temps.
eeeL’ensemble vocal va commencer. Il reviendra au milieu de la deuxième partie. Entre-temps, vous verrez Cavalcade d’étoiles. C’est la première fois que nous nous produisons depuis notre fameux concert de l’an dernier, au Club Soda. Notre devise est toujours la même : « Vaut mieux se prendre pour Elvis que se prendre pour un autre. »
eeeVous êtes venus en si grand nombre que les personnes qui veulent danser vont devoir le faire sur les tables.
eeeEt merci de ne pas fumer.
eeeEn terminant, notre amour et nos prières vont à deux grandes absentes à cette soirée, pour cause de maladie : notre chère sœur Lise, et notre chère maman.
eeeEncore une fois, merci beaucoup. Et accueillons chaleureusement l’ensemble vocal Kaibigan!

 

COMPLET !
CAVALCADE D'ÉTOILES
Avec la participation spéciale du
Kaibigan Vocal Ensemble

Le Petit Medley
6206, rue Saint-Hubert
Montréal, Québec
Samedi 7 mai 2005 20 h
Admission : 15 $

RÉSERVEZ DÈS MAINTENANT VIA :

info@andrepronovost.com


DON DE 1020 $ AUX ENFANTS D’HAÏTI

André Pronovost et un groupe de ses amis ont égayé le réveillon de Noël des enfants haïtiens de Susie Krabacher, avec un don de 1020 $, soit 815 $ en espèces américaines.

Susie œuvre à Haïti depuis maintenant douze ans. La fondation qu’elle dirige, et qui donne du travail à 140 Haïtiens, offre un repas par jour et de l’eau potable à plus de deux milliers d’enfants. La fondation héberge, nourrit et soigne en outre quelque 160 nouveau-nés orphelins ou enfants handicapés physiquement ou mentalement. Elle approvisionne en manuels scolaires et en livres de bibliothèque huit écoles élémentaires. Pour ne donner qu’un exemple du climat d’enfer qui sévit là-bas : lors des émeutes de l’an passé, une vingtaine de Chimères armées ont fait main basse sur l’entrepôt de la fondation, y dérobant pour des milliers de dollars de riz, de fèves, de fournitures médicales et de couches pour bébés.

Parmi les nombreux organismes et compagnies qui supportent l’œuvre de Susie, mentionnons l’UNICEF, l’USAID, les Catholic Relief Services, et American Airlines.

Rappelons que Susie Krabacher signe la préface de Que la lumière soit, et la
musique fut
.

Ci-dessous, il y a quelques mois, notre courageuse amie devant les membres du National Press Club, à Washington, D.C., dans un discours retransmis sur les ondes de C-SPAN
et C-SPAN 2.




LE BEAU-FRÈRE DE ROY ORBISON VISITE ANDREPRONOVOST.COM

Saviez-vous que Bill Frady, le frère de Claudette Frady Orbison, la première épouse de Roy Orbison, était un ami d’andrepronovost.com? Et que chez lui, au Texas, Bill gardait précieusement une copie du vidéo du lancement-spectacle?

Claudette Frady Orbison inspira deux chansons à Roy : Claudette, popularisée par les Everly Brothers, et Pretty Woman. Dans une biographie d’Orbison intitulée Dark Star, on peut voir une photo de Claudette avec Roy, Roy DeWayne (leur premier enfant), John Lennon et Ringo Starr.

Claudette Orbison perdit la vie dans un accident de la route, le 7 juin 1966, à l’âge de vingt-cinq ans. Une couple d’années plus tard, deux des trois enfants nés de son union avec Roy mouraient dans l’incendie de la maison familiale, à Hendersonville, dans le Tennessee.

Bill Frady assista à plusieurs des grands enregistrements de Roy. Il n’a que de bons souvenirs de son regretté beau-frère.

À LA DEMANDE GÉNÉRALE : PHOTO DE L’INCROYABLE LASSIE

Lassie, la fameuse Sheltie de Kimberly, Mère de Dieu et de Que la lumière soit, et la musique fut, a réellement existé. Son maître était Johnny Mark Touchette, un ami d’André au Bord-de-l’Eau. Elle était belle et élégante, et parfois très drôle. Elle parlait presque.

Ci-dessous, sa photo. Elle avait des principes et de lourdes responsabilités, comme en fait foi son regard.





2 JUILLET 1978

Il y a eu vingt-six ans, le 2 juillet dernier, André atteignait le sommet du mont Katahdin, dans l’État du Maine, complétant du même coup sa longue randonnée à pied d’un bout à l’autre du sentier des Appalaches. Sac au dos, il avait quitté Springer Mountain, au nord d’Atlanta, quatre mois et demi plus tôt, soit le 20 février.

On sait qu’André a tiré de ce périple de 3 500 kilomètres son road novel, Appalaches.
Sur la photo de groupe ci-dessous, prise à l’aéroport de Montréal le 19 février 1978, on aperçoit André flanqué de ses parents et de ses frères, Alain à gauche et Jean-François à droite.

La photo du sac à dos a été prise dans le Tennessee, le 28 mars 1978. Notez la casserole.




14 JUIN : ANNIVERSAIRE DE LA MÈRE D’ANDRÉ!

Joyeux quatre-vingt-cinquième anniversaire à Gisèle Francoeur Pronovost, la mère de votre auteur favori - ainsi que d’Alain et de Jean-François, de Cavalcade d’étoiles! Bonheur et santé, chère madame Pronovost!

Mme Pronovost est arrivée au Bord-de-l’Eau à l’âge de huit ans. Sa famille s’installa dans la belle maison de pierre de taille du grand-papa maternel. C’est toujours là que Mme Pronovost habite.

PHOTOS (de gauche à droite et de haut en bas) :
sssGisèle, 7 ans, Sainte-Adèle, Québec.
sssPlaymate Gisèle, Bord-de-l’Eau.
sssGisèle (au centre), Bord-de-l’Eau. Look délinquant. La voiture de grand-papa, à l’arrière-plan.
sssGisèle, 19 ans, Bord-de-l’Eau. Magnifique. Photo prise par Louis Pronovost.
sssGisèle (deuxième à gauche) et son gang, Bord-de-l’Eau. Le court de tennis, à l’arrière-plan.
sssGisèle (à l’extrême droite, en élégante robe-manteau noire) et son gang, Bord-de-l’Eau.
sssGisèle (deuxième à gauche, même tenue élégante) et son gang, Bord-de-l’Eau. Notez la flûte, symbole de vigilance, au guidon du tricycle.




VICTORIA VALENTINO : LA PHOTO PROMISE !

Fidèles à notre engagement, nous publions une photo de Victoria Valentino tirée du numéro de Playboy dans lequel elle fut la « Playmate of the Month ». Notez que cette photo est marquée du sceau d’authentification de Playboy Enterprises.

La future étoile de Cavalcade porte une robe ceinturée avec bas à plis. Le maquillage des yeux évoque l’esprit trouble des années soixante. La guitare à cordes de nylon résonne d’un la mineur septième synonyme de camaraderie.


 

LETTRE D’ANDRÉ AU EVERLY BROTHERS INTERNATIONAL

À lire ci-dessous, accompagnée d’une photo des Everly Brothers prise à New York en 1962, une lettre fort intéressante envoyée par André au coordonnateur du Everly Brothers International, Martial F. Bekkers, à Amsterdam (Hollande). La lettre a été gentiment reproduite dans le magazine électronique Evzine du 17 mai dernier.

sssHello, Martial.
sssMy name is André Pronovost, and I am a French-Canadian writer. (Please excuse my defective English.)
sssI have been a fan of the Everly Brothers since the very beginning, when I was 16.
I thought that it would interest you to know that each of the four novels I published so far holds an allusion to them.
sssI have attended seven of their shows through the years, including one of their last, in Ottawa (Canada) on May 18, 2001. The one that struck me the most took place in a Province of Quebec’s decayed hotel in the Summer of 1966. The name was Hôtel Central, and it was located at the end of a street in a foggy lonesome town called Chomedey. Sort of Heartbreak Hotel. The Everlys, then out of the charts and of the heart of America, were abandoned by fans busy to raise children, and they had just started to switch from auditoriums to nightclubs. The show at the Central was in fact a two-week stand.
sssMy girl friend and I were quite happy to give loud cheers to Don and Phil, but so sad to see them watched by audiences of 12 on weekdays. Can you imagine? Charlotte and
I had watched the famous Brothers on the Ed Sullivan Show, and we had seen them in person on August 21, 1962, in New York City’s Freedomland Park (see the picture below, taken by Charlotte) along with thousands of other fans. And they were now condemmed to sing before 12 Apostles in an evil-looking hotel closely watched by the local Fire Department! Unbelievable.
sssThe opening act was by a local belly-dancer, and I will always remember generous Don and Phil gently smiling behind the curtain, and clapping the girl after her dance. It was good to note such modesty, but so hard to witness such a fall from the Crest. It was the quintessence of the American cultures’s cruelty towards its heros. Sort of twin-towers collapsing 35 years before the fact. Charlotte was crying. Anyway, the boys were fantastic. They sang before 12 on weekdays with the same energy and dignity than they did before the 200 capacity crowd on weekends, or in New York City’s Freedomland Park before the thousands of fans. Tight harmonies, impeccable timing. No compromise. I don’t know if Phil will read this letter, and I don’t know if he remembers, but he got sick with a sore throat in the middle of that two-week stand, and the doctor who was called in from the nearby Chomedey Clinic happened to be my college buddy, young Pierre Leduc.
sssI don’t know who at that time were Don and Phil’s band member, but I suspect Terry Slater as one of them. They were those we can see on the top right picture contiguous to page 97 in Roger White’s excellent The Everly Brothers : Walk Right Back. Let me know, Martial, if you can identify them. Let me know, too, if you can identify the musicians on the New York’s picture. I have always thought that the hidden drummer is the 17 year-old schizophrenic Jim Gordon, who began with the Everlys and later joined such giants as Eric Clapton, John Lennon, George Harrison and Gordon Lightfoot, before killing his mother and dying in prison in California.
sssI hate myself for not having taken pictures of the Everlys at the Central. We were shy at that time, with mixed feelings towards rock and roll, and we did’nt realize that we were missing History. But I am a writer and I never gave up the idea of penning a novel based on that incredible, surrealistic, two-week journey in Chomedey. As for Charlotte, my beautiful and sensitive Everlys accomplice, she died tragicaly a few years later.
sssIn my spare time, I sing to my Gibson Everly guitar with my garage band, and we performed in front of 700 in downtown Montreal last February 7 (more than Don and Phil at the Central, for God’s sake!), for what has been the biggest book launching in all French-Canadian literature history. Our repertoire included two songs of the Everlys, Bye Bye Love and When Will I Be Loved.
sssSincerely,
sssAndré Pronovost
sssSt. Vincent de Paul (Laval), Quebec, Canada


 

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